L’horizon bancaire se dégage

le 16/01/2014 L'AGEFI Hebdo

Pour la première fois depuis 2007, c’est un horizon assez dégagé qui se présente devant les banques françaises. Cette nouvelle année s’annonce bien sûr comme celle du grand audit du secteur par la Banque centrale européenne, mais de cette épreuve de vérité, nos acteurs nationaux, sauf peut-être Dexia, paraissent assurés de sortir sans dommage majeur. Leurs niveaux de solvabilité et de liquidité, conformes ou supérieurs aux standards réglementaires exigés, sont suffisants pour les mettre à l’abri de toute mauvaise surprise. De surcroît, les régulateurs semblent avoir enfin pris la mesure du risque de régulation excessive contre lesquels les banques n’ont cessé de les alerter depuis des années. Plusieurs initiatives récentes illustrent leur évolution.

C’est d’abord pour une version édulcorée du rapport Liikanen sur la structure des banques que le commissaire européen Michel Barnier paraît avoir opté. Si les rumeurs récurrentes sur le sujet se confirment, le débat sur la scission des activités sera tranché en Europe en faveur du modèle de banque universelle dominant sur le continent. Les banques françaises, qui ont vu ce modèle confirmé dans une loi nationale l’an dernier, n’auront plus à redouter sa remise en cause. Un autre signe d’assouplissement réglementaire concerne le mode de calcul du ratio de levier, en matière d’opérations de financement à court terme comme d’exposition aux dérivés de crédit. Enfin, le lancement d’une consultation concernant les propositions de révision du ratio structurel (NSFR), qui vise à permettre aux banques de résister un an à une situation de crise spécifique, laisse penser que, sur ce terrain encore, des aménagements sont à prévoir. Au total, les banques françaises, qui ont déjà toutes peu ou prou intégré les changements prévisibles dans leur version la plus contraignante, devraient trouver dans cette approche apaisée de solides raisons de se réjouir.

Il est vrai que pour autant, tout risque n’a pas disparu. La taxe sur les transactions financières (TTF) en particulier figure au menu de 11 pays européens. La coalition allemande l’a notamment mise à son programme et, au niveau du discours au moins, lui donne toujours valeur de référence pour la régulation internationale. Mais les lobbies financiers disposent dans les banques centrales, inquiètes du grippage du marché monétaire qui pourrait en résulter, d’un allié de poids très déterminé.

Si la menace de la TTF devait être levée, il ne serait pas abusif de dire que l’ère de la grande régulation toucherait à sa fin et que l’heure de tourner la page de la crise financière aurait sonné. Alors qu’après BPCE l’an dernier, toutes les banques françaises s’apprêtent à annoncer cette année leurs nouveaux plans stratégiques, c’est une excellente nouvelle qu’elles peuvent aujourd’hui espérer. 

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