Rencontre avec... Julien Onillon, directeur financier d’Aperam

« L’essentiel était d’éviter les ‘retours de papier’ »

le 24/02/2011 L'AGEFI Hebdo

Comment s’est décidée la scission entre ArcelorMittal et Aperam ?

Suite à la crise, le groupe, comme le reste de l’industrie, s’est retrouvé dans un contexte de restriction du cash disponible, imposant des choix. ArcelorMittal a décidé de se focaliser sur son axe minier et, pour permettre le développement dans les aciers inoxydables, a réfléchi à une scission. Discutée au conseil de direction en juillet 2010, celle-ci a fait l’objet d’une étude approfondie qui a été présentée aux actionnaires en janvier dernier et a recueilli 99,9 % de votes favorables.

Comment a été structurée l’opération ?

Il s’agit d’une scission complète, chaque actionnaire du groupe recevant une action Aperam pour 20 actions ArcelorMittal. Une répartition qui reprend le rapport entre l’activité de la branche inox par rapport à celle du groupe entier. La dette a été transférée dans les mêmes proportions, soit 5 % du total. En pratique, ArcelorMittal a octroyé à la nouvelle société un financement relais de 900 millions de dollars, en attendant qu’elle obtienne sa propre dette auprès des banques.

Quels ont été vos choix pour la cotation ?

S’agissant d’attribuer des actions gratuites aux actionnaires, les conditions de marché étaient, dans l’absolu, peu importantes. En pratique, l’essentiel était d’éviter les « retours de papier » (flow-back), donc la vente des titres Aperam par les investisseurs et la chute du cours. A cet effet, nous avons choisi de coter la nouvelle société sur les mêmes places que celles où apparaît le groupe d’origine, Amsterdam et Paris. En outre, il est coté à New York et nous avons voulu que l’action Aperam y soit présente, mais nous avons opté pour la procédure simplifiée de registry shares. Le premier jour de cotation, le 26 janvier, le cours - pour commencer théorique - a été fixé à 27,32 euros, au niveau de celui d’ArcelorMittal. Ce dernier a enregistré un ajustement technique de -5 %, correspondant au détachement d’Aperam. Ensuite, les deux titres ont progressé, la valeur créée par la scission étant de 2,5 milliards de dollars dès la fin du premier jour de cotation.

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