Jean-Sébastien Leoni joue l’élan fédérateur pour les finances de NGE

le 20/03/2014 L'AGEFI Hebdo

Il donne à cette ETI provençale les moyens de sa croissance soutenue et décline dans son activité l’approche responsable du groupe.

L'engagement n’est pas un vain mot chez NGE et Jean-Sébastien Leoni en témoigne. Le directeur général adjoint, en charge des finances de ce groupe de travaux publics, a pris un virage radical dans sa carrière en rejoignant en 2009 l’ETI (1,3 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2012). Après onze ans passés dans l’audit, il n’a pas hésité à troquer ses activités de contrôle et de conseil pour un rôle au cœur de la vie de l’entreprise, exigeant des prises de décisions quotidiennes et la gestion de collaborateurs aux profils hétérogènes. « Tant le projet NGE, qui tire sa force de sa compétence multimétier, que l’approche humaine de la gestion pratiquée par Joël Rousseau, avec toute son équipe, m’ont donné envie de rejoindre le groupe », explique Jean-Sébastien Leoni. Depuis lors, il transpose au quotidien la mobilisation et la flexibilité caractéristiques de NGE : à 90 %, ses revenus sont tirés de contrats de travaux publics classiques où, malgré un marché en baisse, le groupe progresse grâce à sa capacité à faire travailler ensemble plusieurs métiers, traitant au cas par cas quelque 6.000 chantiers par an. De plus, le groupe n’hésite pas à se lancer dans des contrats classiquement réservés aux plus grands constructeurs, sous la forme de concessions ou de partenariats avec la puissance publique (PPP).

Corollaire de cette ambition, la croissance externe connaît un rythme soutenu et Jean-Sébastien Leoni passe environ 20 % de son temps à étudier des opérations. En 2011, le rachat de TSO, société familiale spécialisée dans les travaux ferroviaires (200 millions d’euros de chiffre d’affaires), a représenté une étape majeure, ajoutant notamment l’international aux problématiques de la direction financière. Dans la foulée, le groupe jusque-là détenu par ses dirigeants a ouvert son capital à CM-CIC à hauteur de 60 millions, ainsi qu’au FSI – devenu Bpifrance –pour 80 millions : « Nous sommes très contents de ce partenariat, sachant que CM-CIC et Bpifrance sont prêts à nous aider à nous développer, relate Jean-Sébastien Leoni. Ils constituent à la fois un appui et une force de réflexion pour la direction générale, examinant avec recul nos projets. En même temps, ils se montrent très réactifs et disponibles ».

Souplesse

 

L’organisation des finances rend compte de la souplesse du groupe et de son histoire, celle d’une fédération de PME auxquelles est laissée leur autonomie. « Le rapprochement avec TSO nous a beaucoup occupés pendant deux ans. Nous avons voulu homogénéiser les relations avec les banques et les 'reportings'. Désormais, nous avons une vision globale des relations bancaires, les décisions à cet égard se prenant de façon concertée car nous voulons garder l’adhésion des équipes », précise Jean-Sébastien Leoni. De fait, la direction financière se conçoit comme un centre de services sur les sujets juridiques et de financement, pour aider les exploitants à garder la proximité avec les clients et les marchés. Comptabilité et contrôle de gestion sont dans les implantations locales – 90 en France – pour le suivi des chantiers pendant que les activités de caution, de financement et de trésorerie sont centralisées, afin de jouer sur la dynamique de groupe. Sur les 102 personnes que compte la direction financière, 45 travaillent au siège, à Saint-Etienne-du-Grès, au pied des Alpilles. Jean-Sébastien Leoni s'y rend un à deux jours par semaine et travaille le reste du temps à Paris, où des bureaux abritent les fonctions centrales et les équipes de passage.

La souplesse n’exclut pas la rigueur : un trésorier unique suffit à surveiller les flux quotidiens, et l’équilibrage automatique des comptes est assuré en interne. Expert-comptable à l’origine, la responsable de la trésorerie, Agnès Rippert, prend en charge la consolidation comme tous les grands sujets sur demande de la direction générale ou selon l’actualité. Le fameux chantier Sepa n’a ainsi pas pris l’équipe de court. « Nous avions anticipé le passage au Sepa, en relation avec les départements informatique et comptable, et nous en retirons les avantages pour nos opérations de paiements européens, indique Agnès Rippert. Ce changement d’infrastructure interbancaire va dans le sens d’une amélioration de la sécurité, de la fiabilité des opérations, grâce à l’utilisation d’un format standard d’échange de données et la dématérialisation des procédures, et il nous semble ainsi très positif. »

Il est vrai que la recherche de financement ne représente pas un sujet épineux, dynamique de l’activité et ratio de dette nette sur fonds propres à 0,66 aidant. « Nous ne rencontrons aucune difficulté à obtenir des financements et avons des relations satisfaisantes avec une quinzaine de partenaires bancaires », se réjouit Agnès Rippert.

Toujours prudent, NGE n’en étudie pas moins toutes les possibilités de diversifier ses financements. Jean-Sébastien Leoni suit le sujet en direct, et il a conduit en ce sens, fin 2013, une opération de titrisation pour 60 millions d’euros, après le raccourcissement des délais de ses crédits fournisseurs suite à la LME (loi de modernisation de l'économie). Autre voie possible, les obligations privées. « En ce moment, toutes les banques nous proposent des placements privés. Nous étudions cette perspective, sachant qu’il faudra à la fois l’opportunité et le besoin pour y recourir et que le coût devra être avantageux. C’est une bonne façon de diversifier nos financements, indique Jean-Sébastien Leoni. En outre, ce type de financement long aurait du sens pour financer nos participations dans les projets que nous devons garder plusieurs années. »

Esprit de groupe

 

La direction financière appuie l’équipe des financements de projets, de six personnes, elles-mêmes au service des projets. NGE intervient soit en co-traitance auprès de grands groupes – par exemple Vinci pour le projet de ligne à grande vitesse Sud-Est Atlantique (SEA) – soit comme fédérateur d’ETI sur des chantiers plus petits. A chaque fois, la réponse aux appels d’offres comporte un volet financier. « Dans les cas de PPP et de concessions, mon rôle est de sélectionner les ressources financières les mieux adaptées au projet, explique Héléna Bianchi, responsable des projets financés. Ensuite, il faut obtenir les ressources financières aux meilleures conditions et nous étudions par exemple actuellement les progrès du marché des 'project bonds'. » Le prisme ultime reste toutefois l’esprit du groupe, une démarche responsable. « Les PPP ne sont intéressants que s’ils permettent de répondre à un enjeu technique ou de résoudre une problématique de délai ou de coordination des acteurs, analyse Jean-Sébastien Leoni. S’ils servent seulement à trouver des financements, ce n’est pas performant pour la collectivité dans son ensemble. » 

Son parcours

Jean-Sébastien Leoni, 43 ans, diplômé de l’Ifam, 1995.

MBA à Babson College, Boston, Etats-Unis, 1997.

1997 : Arthur Andersen, auditeur.

2008 : Ernst & Young, associé.

Depuis 2009 : NGE, directeur général adjoint finances

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