IPH se finance à 6 ans en combinant affacturage et titrisation

le 11/04/2013 L'AGEFI Hebdo

L’offre innovante de GE Capital maximise le potentiel du portefeuille de crédit client détenu par le groupe industriel.

Le spécialiste des fournitures industrielles (895 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2012) dégage son horizon. Alors que les entreprises peinent à financer leur activité courante, IPH voulait disposer d’une solution pérenne pour son BFR (besoin en fonds de roulement). Tout juste rachetée par PAI Partners, la société cherchait les moyens d’accélérer son développement par acquisitions. « Objectif premier de son LBO, PAI Partners veut stimuler la croissance d’IPH en mettant à profit sa capacité de croissance externe, déjà démontrée au fil des quelque 120 rachats d’entreprises effectués depuis 1987 où la société a été créée, rappelle Pascal Cesbron Lavau, directeur administratif et financier d’IPH. Nous avions besoin d’un financement évolutif pour nous permettre de poursuivre notre rôle de consolidateur. »

Concentration des créances

Avec pas moins de 50.000 clients et des factures de 400 euros en moyenne, IPH avait mis en place une titrisation pour financer ses créances clients, s’assurant en même temps leur traitement sur un mode « industriel ». Mais le rachat du groupe avec un effet de levier rendait nécessaire un financement plus long, calé sur la dette de haut de bilan - un financement « unitranche » par Axa Private Equity, de 220 millions à 6 ans. « Le marché de la titrisation ne proposait que des financements d’une maturité de 4, voire 5 ans au maximum, rapporte Mathieu Paillat, principal chez PAI Partners. En même temps, la nécessité pour les établissements bancaires de revendre sur le marché une partie de leur exposition afin d’alléger leur bilan présente l’inconvénient d’introduire de la volatilité car cela soumet le financement aux évolutions du marché. En outre, les banques limitent le sur mesure, les crédits standardisés plus faciles à syndiquer. »

Les recherches d’un bailleur de fonds adéquat ont débouché sur une offre de GE Capital spécialement conçue pour coller aux exigences d’IPH. Elle repose largement sur l’affacturage, un des domaines de prédilection du spécialiste en financement d’entreprise. « L’affacturage permet d’obtenir un engagement à la fois souple, dans son fonctionnement opérationnel et évolutif dans son montant, ce qui nous permettra d’intégrer aisément les acquisitions futures d’IPH, indique François Terrade, directeur des financements structurés chez GE Capital France. En outre, cette technique offre une excellente capacité d’analyse du portefeuille clients, avec une identification des factures à l’unité même dans le cas d’une très importante volumétrie, comme c’est le cas pour IPH. » Le financement est donc maximisé par rapport à celui obtenu via une titrisation traditionnelle, atteignant 160 millions d’euros pour un besoin immédiat de 120 à 130 millions.

Toutefois, l’optimisation du financement passait aussi par la concentration de l’ensemble des créances dans un même portefeuille. Or, l’affacturage classique aurait requis autant de contrats que de filiales utilisatrices, soit une vingtaine en France. La visibilité du groupe sur ses engagements et les performances relatives de ses filiales en auraient pâti aussi. Le recours à une structure de Fonds commun de titrisation (FCT) allait permettre de déboucher sur une ligne de financement global pour le groupe. « GE Capital souscrit les titres obligataires émis par le FCT, explique François Terrade. IPH a la capacité d’ajouter des filiales au programme dans un cadre préétabli d’approbation et de mise en place simplifié permettant leur accession dès leur acquisition, limitant ainsi les frais juridiques notamment. » Le véhicule émet aussi, pour 10 % des encours, des titres obligataires subordonnés qui sont souscrits par IPH et servent au rehaussement du risque. De quoi, comme dans une titrisation traditionnelle, réduire le coût du financement. En pratique, le montage assure au groupe un volant de crédit au fil de l’eau, contrairement à une titrisation classique où l’appel aux investisseurs se fait une fois par mois. « Le véhicule achète chaque jour les factures, si bien que le financement peut être ajusté une fois par semaine », précise Pascal Cesbron Lavau. La rigidité d’une titrisation est ainsi évitée. « Le montage nous assure d’avoir un interlocuteur comprenant la problématique de l’entreprise plutôt qu’un fonds commun de créances figé sur toute la durée », souligne Mathieu Paillat. Désintermédié, le financement est aussi indépendant du marché…

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