L'avis de... Géraldine Broye, professeur de finance d’entreprise à l’EM Strasbourg

« Les honoraires baissent mais restent élevés en France »

le 20/09/2012 L'AGEFI Hebdo

Les auditeurs français se plaignent d’une forte baisse de leurs honoraires : est-elle réelle ?

Notre analyse de 177 sociétés non financières cotées à Paris montre une érosion des honoraires d’environ 20 % entre 2005 et 2010, à périmètre constant, c’est-à-dire pour un même montant d’actifs (au total, la masse d’honoraires a, elle, crû de 6,3 %, NDLR). La baisse a été très marquée en 2007 (-8,8 %) après la fin du passage aux normes comptables IFRS, mais elle s’est poursuivie les années suivantes. Le phénomène ne semble pas lié à une concurrence accrue, car les honoraires diminuent souvent au cours du mandat d’un même auditeur, qui dure six ans. Peu de sociétés ont d’ailleurs changé de prestataire au cours de la période étudiée.

Comment s'en sortent les Big Four*?

Sur la période 2005-2010, leur part de marché reste très stable, entre 87 % et 88 % des honoraires totaux, même si leur présence, en nombre de mandats détenus, augmente légèrement, passant de 56 % à 61 %.

Le niveau des honoraires est-il semblable dans les autres pays européens ?

Nous avons comparé dans une autre étude la situation de la France à celle de l’Italie, où l’environnement légal est assez similaire au nôtre, et à celle, très différente, de la Grande-Bretagne. Dans les deux cas, pour la période 2007-2009 les honoraires sont bien moins élevés qu’en France : entre -40 % et -50 % en Italie, et -25 % à -35 % en Grande-Bretagne. Pour les sociétés de taille et de profils d’activités similaires, le delta est plus faible mais atteint encore 25 % avec l’Italie et 29 % avec la Grande-Bretagne. Ces différences proviennent en partie du surcoût lié au co-commissariat aux comptes imposé aux sociétés françaises. Il entraîne des coûts significatifs de coordination entre les deux ou trois cabinets mandatés.

*Deloitte, Ernst & Young, KPMG et PwC

A lire aussi