Homair Vacances confirme l’appétit des midcaps pour les IBO

le 23/05/2013 L'AGEFI Hebdo

Cette deuxième utilisation d'appel au marché grand public pour placer des obligations a surtout été souscrite par des gestions et des « family offices ».

Le spécialiste des séjours de vacances en mobile homes (66,5 millions d’euros de chiffre d’affaires fin septembre 2012) vient de réaliser une IBO (initial bond offering), une forme d’émission obligataire mise au point l’an dernier par Nyse Euronext et déjà utilisée par la société Capelli. La formule offre aux sociétés à faible capitalisation un financement à partir de 5 millions d'euros sur Alternext et de 10 millions sur Euronext, avec un faible nominal (jusqu'à 100 euros) pour viser un public large.

Homair Vacances a ainsi levé 15 millions sur Alternext, où sont cotées ses actions, trouvant là une bonne alternative aux émissions obligataires et aux placements privés, qui portent sur des encours à partir de 50 millions environ. « Nous voulions dégager des moyens pour notre croissance, qu’il s’agisse de racheter des concurrents ou de terrains de camping, indique Jérôme Destoppeleir, directeur financier du groupe. C’est en ce sens que le groupe avait déjà émis récemment des obligations à hauteur de 4 millions dans le cadre de Micado et également 2,4 millions dans l’émission réalisée par le GIAC. » Il est vrai que les deux véhicules ont connu des difficultés et n’ont pas levé les montants recherchés au départ. Ici aussi, l’entreprise trouve des financements longs, à 6 ans, et elle a touché des investisseurs différents.

Les contraintes d’informations ont été relativement légères, Nyse-Euronext réclamant pour une IBO la même documentation que celle déjà disponible au titre de la cotation d’actions. « Les préparatifs ont été relativement rapides puisque la société est cotée sur Alternext, ce qui nous a déjà donné l’occasion d’établir une base de documents importante, rapporte Jérôme Destoppeleir. La préparation de l’IBO a donc surtout donné lieu à la mise en forme de documents existants. »

Résultat satisfaisant

Pour rédiger le prospectus et la note d’analyse financière, l’entreprise s’est adjoint les conseils de Portzamparc société de Bourse, chef de file de l’opération. « Nos domaines d’intervention ont pris un virage obligataire courant 2012, avec notamment un rôle dans la sélection des sociétés émettant des obligations via Micado, et la gestion de ce fonds par notre filiale Portzamparc Gestion », explique Damien Rahier, directeur général de Portzamparc société de Bourse.

Autre intervenant, l’agence Scope Rating, nouveau venu et spécialiste des midcaps, a décerné une notation « BBB- » à l’opération. « Le marché est clairement 'investment grade' », précise Damien Rahier.

Lancée pour un montant de 5 à 20 millions d’euros, l’émission en a rapporté 15, un résultat satisfaisant même si le placement auprès des particuliers - l’un des intérêts majeurs d’une IBO en principe - n’a pas drainé des fonds importants. « Les souscriptions des investisseurs particuliers sont une petite déception, se limitant à 2,3 millions d’euros contre 12,7 pour les institutionnels, relève Damien Rahier. Compte tenu de la nouveauté que représentent les IBO, il semble difficile d’analyser avec certitude les raisons de cette faible souscription. On note que sur les IPO françaises récentes, la part des particuliers a été très faible aussi. ». A l’évidence, la thématique grand public de l’activité d’Homair Vacances n’a pas joué, tandis que le changement de directeur financier pendant le placement n’a pas dû faciliter les choses, même s’il n’était pas lié à la marche des affaires dans l’entreprise.

« Il semble que les réseaux bancaires ne se font pas les relais des émetteurs et se contentent plutôt de recueillir les ordres passés par les particuliers, dans les meilleurs des cas, avance Damien Rahier. Le sujet des placements d’obligations est nouveau pour les banques, et les contraintes de la directive MIF (Marchés d'instruments financiers, NDLR) compliquent considérablement l’activité de conseils en investissements auprès des particuliers. » En fait, les clients de banques privées, où Portzamparc dispose d’une grande part de ses investisseurs, ont représenté les principaux bailleurs de fonds, les montants étant trop limités pour intéresser les institutionnels compte tenu des contraintes du ratio d’emprise.

De quoi tout de même diversifier les sources de financement pour l’émetteur, moyennant un taux de 6,5 % par an, outre des frais d’arrangement de l’ordre de 300.000 euros.

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