Hermès, un cas d’école

le 13/01/2011 L'AGEFI Hebdo

L’Autorité des marchés financiers (AMF) n’est visiblement pas décidée à empêcher les entreprises cotées de se protéger contre des assaillants. A une organisation en commandite par actions, des actionnaires familiaux du groupe Hermès souhaitent ajouter une holding de contrôle, qui regrouperait 51 % du capital, afin de repousser les assauts du groupe LVMH, qui en contrôle désormais plus de 20 %. « Une entreprise qui fait appel public à l’épargne pour se financer doit en payer le prix, elle doit respecter l’égalité des actionnaires, juge Pierre-Henri Leroy, président de Proxinvest. Aussi, la création d’une holding par des actionnaires familiaux en vue de protéger le capital de leur société doit se plier aux mêmes règles que celles imposées à tous les actionnaires. » Pourtant, l’Autorité des marchés financiers (AMF) vient de valider le montage de la famille Hermès, en lui offrant une dérogation à l’obligation de déposer une offre publique. Elle ne peut en théorie être obtenue que si l’opération s’assimile à un reclassement réalisé par des actionnaires détenant déjà le contrôle (via par exemple un pacte) ou si le reclassement ne modifie pas la situation antérieure du contrôle existant (principe de neutralité). Certaines parties prenantes à l’affaire LVMH Hermès considèrent que l’apport de 51 % des actions Hermès International à une holding constituerait un contrôle capitalistique auparavant inexistant, la soixantaine d’actionnaires familiaux ayant, à leurs yeux, toujours déclaré au marché ne pas le détenir. Selon l’AMF, les membres du groupe familial qui demande la dérogation agissent « ensemble comme un groupe familial de concert » et « contrôlent ensemble » Hermès. La Cour d’appel aura sans doute à se prononcer à son tour dans quelques mois.

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