La « Golden share », la nouvelle arme des créanciers

le 10/05/2012 L'AGEFI Hebdo

La « Golden share » est une action un peu particulière, qui est de plus en plus demandée par les prêteurs dans les restructurations financières. Devenues plus prudentes et cherchant à obtenir un maximum de garanties, les banques notamment la réclameraient désormais au cours des négociations portant sur un réechelonnement de dette ou une injection de capital. « La Golden Share est un mécanisme qui existe depuis longtemps, mais dont les prêteurs, et en particulier les banques, ont redécouvert l’utilité, depuis deux ou trois ans, dans les restructurations. Cette action leur permet, s’ils en sont bénéficiaires et si certains risques se réalisent, tels une rupture de ‘covenant’ ou un acte préparatoire d’une sauvegarde, de prendre le contrôle majoritaire de l’entreprise, sans avoir à passer sous les fourches caudines de l’actionnaire », explique Jean-Pierre Farges, associé en charge des restructurations au cabinet d’avocats Ashurst. Pourquoi disposer d’un tel outil ? « Il s’agit avant tout pour les banques d’obtenir un levier de négociation sur l’actionnaire, afin d’éviter une dégradation du bilan de l’entreprise, et la menace d’une procédure collective », indique Jean-Pierre Farges. En clair, la « Golden Share » serait avant tout une arme pour inciter ou dissuader les actionnaires en place de prendre ou non certaines décisions stratégiques.

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