DOSSIER Cash management

Eight Advisory propose une matrice d’analyse de la trésorerie

le 14/11/2013 L'AGEFI Hebdo

Le cabinet de conseil a lancé depuis peu un service devant permettre d’appréhender globalement les problématiques de « cash ».

Absence de « culture cash » dans nombre d’entreprises françaises, manque de spécialistes au sein des cabinets conseils qui les accompagnent… « Nous avons créé cette offre de services inédite en France : portée par une équipe d'une dizaine d'anciens trésoriers, avec une approche transversale et opérationnelle, un traitement de l'ensemble des sujets impactant le 'cash' de l'entreprise », explique Stéphane Nenez, directeur d’Eight Advisory, à propos de la revue du « Process cash » déjà testée dans une dizaine d’entreprises.

Ce cabinet de 170 consultants, créé fin 2009 par huit associés venus d’EY, a pu constater dans la crise combien la trésorerie est cruciale pour les PME et ETI. « Qu’une entreprise fasse défaut à cause d'un marché difficile ou de produits peu compétitifs est une chose, qu’elle fasse défaut à cause d’une mauvaise gestion de trésorerie est insupportable », poursuit le consultant, avant d'évoquer l'exemple de cette société de la grande distribution, pourtant en BFR (besoin en fonds de roulement) négatif (encaissement clients immédiat et paiement des fournisseurs à 60 jours), ayant subitement dû faire face à une forte tension sur sa trésorerie pour ne pas avoir géré correctement la dégradation de son crédit fournisseurs...

Diagnostic

L’offre comporte deux phases, avec tout d’abord une revue de l’organisation existante, des risques et dysfonctionnements, qui débouche sur des recommandations. En s'appuyant sur huit axes d’amélioration (voir le tableau), l’équipe d’Eight Advisory est capable de réaliser cette revue en un temps record (une à deux semaines selon la taille de l’entreprise). Les deux premiers axes portent sur l’analyse des moyens en place pour la gestion de trésorerie : l’organisation (équipe, périmètres fonctionnels, rattachement hiérarchique) ainsi que les systèmes de gestion (logiciels, connexions avec les ERP - progiciels de gestion intégrée -, avec les systèmes bancaires) et les outils de pilotage du cash (reportings dédiés, prévisions de trésorerie). « Cela nous permet en ce moment d’affiner notre 'reporting' sur le 'cash' », témoigne Eric Rochereau, directeur financier de Mecachrome, qui avait mis en place d’importants outils de suivi au moment de la sauvegarde en 2009, mais a récemment ressenti, alors que l’entreprise va beaucoup mieux, « le besoin d’un regard extérieur sur ces sujets ».

Les axes « financements » et « circulation/centralisation du cash (axes 3 et 4 du tableau) permettent d'analyser les conditions de liquidité de l’entreprise. « Il faut également avoir été trésorier pour comprendre la relation entre ces sujets spécifiques et savoir relier la convention de trésorerie, la politique de placements, le taux d’intérêt pour les prêts intra-groupe », insiste Stéphane Nenez. Une bonne gestion de la relation clients (axe 5) est aussi primordiale en période de crise, afin de ne pas reproduire l'exemple de cet industriel, « oubliant » pendant trois mois de facturer l'un de ses clients sur des montants significatifs… Idem pour la bonne organisation du paiement fournisseurs (axe 6) lorsqu’on peut éviter de payer comptant. « Ces sujets permettent aussi de sensibiliser les directions commerciales et d’achats. Négocier un bon prix avec d’importants volumes peut par exemple avoir un impact sur les stocks et donc le BFR », rappelle Eric Rochereau. « Concernant le paiement fournisseurs, de récents accompagnements nous ont montré, outre des délais mal gérés, des cas où l'indispensable séparation des tâches entre intervenants (création des fournisseurs, comptabilisation, émission du paiement, déclenchement du paiement) n'est pas toujours respectée », note Stéphane Nenez.

Une mauvaise approche des relations bancaires (axe 7) peut aussi être inutilement coûteuse en ressources humaines - par exemple pour cette entreprise de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires qui disséminait ses flux entre une centaine de banques ! Sachant qu’une relation monobancaire n’est pas non plus forcément à recommander. Enfin, Eight Advisory rappelle l’importance d'une gestion efficiente des risques de marché (taux, change, matières premières, énergie), surtout en période de volatilité, « notamment pour éviter de ‘consommer’ une partie de son résultat opérationnel ». Idéalement, une telle politique est proposée par la direction financière, validée par la direction générale et le conseil d’administration avant d’être mise en application par le trésorier.

La deuxième phase porte sur la mise en œuvre des recommandations formulées lors du diagnostic. L’équipe d’Eight Advisory peut la prendre en charge directement, aux côtés du management, lorsque l'entreprise le juge nécessaire. Cette offre destinée à déployer la fonction Trésorerie s’adresse à tout type de sociétés, également à celles sous LBO (leveraged buy-out) ou évidemment à celles en difficulté, nécessitant une optimisation du cashnotamment avant de renégocier leur passif

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