Un homme, une équipe

Daniel Biarneix optimise les services financiers chez Saint Gobain

le 27/10/2011 L'AGEFI Hebdo

Dans ce groupe très décentralisé sur le plan opérationnel, il veille sur la trésorerie et les financements, tout en réorganisant l’ensemble des fonctions financières.

Daniel Biarneix apprécie la finance d’entreprise au sens large ! Directeur financier adjoint de Saint Gobain, il a en charge non seulement les sujets classiques de financement et de trésorerie mais s’occupe aussi de sujets financiers moins habituels, comme l’assurance, l’organisation de la fonction financière du groupe, les agences de notation. Une diversité qui trouve ses racines dans les multiples expériences acquises au cours d’une carrière entièrement consacrée au groupe spécialiste des matériaux de construction d’habitat innovants (40 milliards d’euros de chiffre d’affaires). A ses débuts, à partir de 1986, il a cumulé tout à la fois la découverte de l’international - Allemagne, Italie, Brésil - et des fonctions de contrôle de gestion, puis de finance déclinée par métiers ou zones géographiques. En France, il a par la suite assumé les directions financières de pôles entiers, avant d’assumer son poste actuel à la holding, à partir de 2004. Les fonctions traditionnelles de direction de la trésorerie et des financements occupent une équipe de 130 personnes au total, dont 22 à la holding. « Le financement, le ‘cash management’ et les couvertures sont centralisés, la holding jouant le rôle d’une banque pour les filiales, chaque fois que c’est possible du point de vue de la réglementation, et finançant ainsi le groupe à plus de 85 %, précise Daniel Biarneix. Les pays nous transmettent leurs besoins ou excédents de financement chaque jour, et nous finançons le solde sur le marché, essentiellement en émettant des billets de trésorerie. » Les programmes d’émission sont couverts par des lignes de back-up, soit 4 milliards de lignes bancaires non tirées. Le financement à moyen et long terme est assuré par les marchés, le groupe venant notamment de lever 1,75 milliard d’euros d’obligations en deux tranches, à 4 et 8 ans. « Nous avons lancé cette opération principalement pour assurer le refinancement de nos dettes existantes, en particulier le remboursement d’une ligne obligataire de 1,3 milliard d’euros en avril 2012, explique Daniel Biarneix. Dans le contexte de marché actuel, nous estimions préférable de procéder à cette opération par anticipation, et nous nous tenions prêts à saisir une fenêtre d’opportunité. »

Créativité et contrôle

En pratique, l’équipe de François-Xavier Holderith, directeur du service des opérations de marché, s’est trouvée impliquée au premier chef. « Nous gérons au niveau de la salle des marchés les risques de liquidité, de taux d’intérêt, de change et de matières premières, indique cet ancien banquier qui a travaillé en salle de marché à Londres. Chaque membre de l’équipe traite l’ensemble de ces sujets, l’objectif étant de partager nos idées pour être plus créatifs tout en gardant un très strict contrôle sur les opérations effectuées. Nous apprécions cette large palette de problématiques et le défi quotidien que représente le fait d’être à la charnière du monde de la finance de marché et de la finance d’entreprise. » Saint-Gobain mène une politique systématique de couverture du risque de change, la couverture étant centralisée au niveau de la holding, sauf quand des règles locales s’y opposent, et l’ensemble des expositions étant compensé quotidiennement.

Sur ces mêmes sujets, l’équipe de Lounis Bekkat, directeur du service filiales, s’occupe, avec un effectif de sept personnes, des relations avec les filiales, transformant les ressources levées sur les marchés pour les mettre à la disposition des filiales. « J’effectue un important travail d’échange avec les responsables locaux, au fil de visites régulières aux délégations et de contacts quotidiens, expose Lounis Bekkat. L’optimisation des ressources passe par ces relations étroites, menées dans le souci du détail. Pour chaque besoin de financement, nous examinons quelle est la meilleure solution, des financements locaux, d’un prêt interentreprises ou d’une augmentation de capital. »

Evolution culturelle

Mais la moitié du temps, Daniel Biarneix et son équipe traitent également de sujets plus atypiques de direction financière. « A la tête de la direction des risques et assurances, j’insiste sur la priorité de la politique de prévention des dommages aux biens et des pertes d’exploitation consécutives, tout en gérant le transfert du risque résiduel au marché de l’assurance, souligne ainsi Michel Rouffiac, directeur risques et assurances. Je veille à la mise en œuvre de ces politiques au sein des différents pôles et délégations du groupe et j’assure la négociation et la gestion des programmes mondiaux d’assurance du groupe. »

Autre mission hors norme, le projet Symphonie Finance, soit la réorganisation de l’ensemble de la fonction financière du groupe, lancé en 2007, échoit également depuis 2009 à Daniel Biarneix, aidé en cela par deux autres responsables. « Il s’agit d’un chantier passionnant, qui concerne près de 6.500 personnes et qui ne peut être mené à bien qu’en étroite collaboration avec l’ensemble de la direction financière du groupe, confie-t-il. L’objectif consiste à disposer d’une fonction financière plus performante, avec des équipes mieux structurées, assurant des tâches enrichies et utilisant des compétences accrues. » La mise en œuvre a commencé par la création de centres de services partagés (CSP) comptables. Au nombre de 60 - dont 9 en France -, ils sont répartis par zones géographiques et gérés par les « délégations » qui supervisent l’activité dans ces zones. « Le projet a représenté une véritable évolution culturelle pour un groupe qui reste très décentralisé sur le plan opérationnel, avec plus de 1.000 filiales dans plus de 60 pays, où chaque société avait sa propre unité comptable », rappelle Daniel Biarneix.

Les CSP sont entrés dans un processus d’optimisation et un poste a été créé en 2010 pour suivre ces unités rassemblant pas moins de 1.900 personnes. « Ma mission consiste entre autres à veiller au bon ordre des relations entre les CSP et les autres services centraux du groupe ou des pôles, sur des sujets liés par exemple à la trésorerie ou aux systèmes d’information », fait savoir Pascal Perrier, à la direction des CSP Finance. Il s’agit aussi d’homogénéiser leurs pratiques. « Je représente les CSP quand il s’agit de définir leurs rôles ou responsabilités au sein de projets groupe, dès lors qu’il y a besoin d’une position commune. » Les autres fonctions financières conduites localement - la direction administrative et financière, le contrôle de gestion et le credit management - sont également réorganisées en vue d’être optimisées, leur alignement se faisant cette fois par lignes de métiers.

Michel Rouffiac, directeur des risques et assurances

Alexandre Roeser, directeur du service gestion des opérations de trésorerie

Lounis Bekkat, directeur du service relations délégations /filiales

Yann Langlais, responsable du back-office

Odile Legras, responsable du middle-office

Daniel Biarneix, directeur financier adjoint, trésorerie & financements, risques & assurances, centres de services partagés finance

Isabelle Gilbert, assistante

François-Xavier Holderith, directeur du service des opérations de marché

Jean-Luc Pélissier, responsable analyse financière et notation

Pascal Perrier, directeur des centres de services partagés finance

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