Rencontre avec... Marc Henry, directeur des services financiers de Michelin

« La couverture des changes facilite la lisibilité de nos résultats »

le 05/05/2011 L'AGEFI Hebdo

Pratiquez-vous une couverture systématique des changes sur les pays émergents ?

Certains pays comme l’Algérie, la Serbie ou le Venezuela sont impossibles à couvrir. Mais dès que nous le pouvons, nous procédons à une couverture systématique des flux. Cette couverture des changes facilite la lisibilité de nos résultats. Nous calculons au jour le jour nos positions, certaines via un netting entre nos différentes sociétés, et nous procédons à des opérations de couverture sur nos expositions résiduelles. Cela permet de ne pas impacter le résultat financier par les variations de change. Pour limiter notre exposition aux devises émergentes, nous pouvons aussi dans certains pays vendre en dollars. A charge dès lors pour le client de se couvrir.

Les mécanismes diffèrent-ils selon vos implantations ?

Notre politique dépend du fait que nous soyons localement producteurs ou simple société commerciale. Si nous sommes producteurs, le risque porte essentiellement sur la conversion du résultat. Lorsque nous sommes uniquement vendeurs de produits dans le pays, nous devons dans ces conditions évaluer et couvrir notre risque économique.

Intégrez-vous dans cette problématique vos achats de matières premières ?

Non. Le risque matière première ne s’exprime pas en devise locale car les achats se font surtout en dollars. Cependant, chaque acteur est soumis à la même problématique : en cas de variation de prix des matières premières, tous les concurrents sont en théorie contraints d’impacter les prix de vente de la variation des coûts matière exprimée en devise locale.

La couverture des changes dans les émergents a-t-elle pour vous d’autres spécificités ?

Un problème particulier est de savoir s’il vaut mieux se couvrir onshore ou offshore. Je crois qu’il faut, sur cette question, rester pragmatique en fonction des opportunités. En Chine, nous avons par exemple alterné entre ces deux solutions. Les pays émergents soulèvent aussi la question des devises non convertibles. Nous avons dans ce cas recours à des produits spécifiques (NDO* et NDF**).

*‘Non-deliverable option’

**‘Non-deliverable forwards’

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