Chèque Déjeuner automatise la gestion de ses pouvoirs bancaires

le 14/02/2013 L'AGEFI Hebdo

La solution Visual Sign lui permet de transmettre aux banques des informations sur tout le cycle de vie d'un compte bancaire, en utilisant la norme ebam.

Avec 35 sociétés en France, le groupe Chèque Déjeuner détient pas moins de 300 comptes bancaires. De fait, l’activité du groupe, qui propose des solutions prépayées comme, depuis 45 ans, le fameux Chèque Déjeuner pour les salariés, implique d’importants flux de trésorerie. Ainsi, pour un chiffre d’affaires de 280 millions d’euros au dernier exercice, les volumes d’émissions de titres de paiement ont atteint 4,14 milliards d’euros. En effet, les entreprises ou autres donneurs d’ordres lui commandent chaque mois des chèques pour leurs bénéficiaires et payent tout de suite la société, celle-ci devant, après utilisation des chèques, rembourser les restaurants ou autres commerces.

Autant dire que le contrôle des flux passant sur ses comptes représente un enjeu important pour le groupe, et que simplifier le suivi des responsables habilités à ordonner des opérations sur ces comptes allait représenter un objectif de choix. « La holding du groupe Chèque Déjeuner travaille avec pas moins de 80 entités bancaires, les caisses des groupes ayant chacune leurs règles de fonctionnement, y compris dans le domaine des pouvoirs bancaires, relate Pascal Langlois, trésorier adjoint du groupe. Comme toutes les caisses d’un groupe n’ont pas les mêmes processus pour encadrer les pouvoirs bancaires, et sachant que nous comptons nous-mêmes cinq à dix signataires dans chacune de nos sociétés, il était devenu difficile d’avoir une vue d’ensemble des délégations de signatures, gérés par de simples tableaux en excel et de fichiers en word. »

Contrôle interne

La simplification ne passerait pas, toutefois, par la réduction des contreparties bancaires. « Nous sommes détenteurs d’une trésorerie positive et notre recherche de placements intéressants nous amène à multiplier les relations bancaires avec des banques régionales », explique Pascal Langlois. La société a donc choisi de lancer un appel d’offres afin de trouver une solution optimale de gestion des pouvoirs bancaires et son choix s’est porté sur l’outil mis au point par Equity. La société comptait déjà, parmi les utilisateurs de son répertoire central des habilitations, des grands groupes comme Veolia, Ingenico, Carrefour, ING… « Visual Sign permet de savoir qui est habilité à faire quel type d’opération sur quels comptes bancaires, indique Yves Garagnon, directeur général d’Equity. L’outil a été élaboré d’abord à des fins de contrôle interne pour s’assurer de la conformité et de la cohérence de la chaîne des délégations des pouvoirs. En outre, il sert aussi à éditer les informations à communiquer aux banques, ce qui peut désormais se faire de façon dématérialisée. »

Visual Sign a en effet adopté la norme « ebam » (« electronic Bank Account Management ») mise au point par Swift en 2010 pour gérer de manière dématérialisée la relation banque-entreprise. En France, où les entreprises ont été successivement mobilisées par les chantiers du remplacement d’Etebac puis du Sepa, la norme ebam commence tout juste à percer chez les entreprises et Chèque Déjeuner fait figure de précurseur. « La norme ebam s’est surtout développée jusqu’ici aux Etats-Unis et en Europe du Nord, mais je sens l’intérêt pour cette source de productivité et de fiabilité croître chez les trésoriers français, atteste Yves Garagnon. Nous avons récemment installé Visual Sign, qui permet d’en tirer parti, chez des grands groupes, Safran par exemple. »

En pratique, le logiciel actualise en permanence la liste des signataires autorisés. « A chaque ouverture et fermeture de compte, la solution met à jour les pouvoirs bancaires et édite automatiquement les courriers qui s’y rapportent », précise Pascal Langlois. Le système représente une avancée d’autant plus substantielle que je peux le gérer moi-même au quotidien, le paramétrage pour l’adapter à nos besoins étant facile à opérer. » Certaines banques, toutefois, acceptent uniquement les documents élaborés à partir de leurs propres formulaires, utilisant des codes-barres pour codifier et stocker les informations relatives aux comptes de leurs clients. « Ce cas de figure représente entre 15 % et 20 % des comptes, sachant que l’harmonisation n’est pas forcément de mise à l’intérieur même de groupes bancaires », déplore Pascal Langlois.

Une hétérogénéité à laquelle la norme ebam devrait mettre fin en devenant une pratique courante…

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