Bellot Mullenbach renouvelle ses hommes forts et son offre

le 19/07/2012 L'AGEFI Hebdo

Jean-Louis Mullenbach cède la place aux jeunes associés du cabinet d'audit qui mise sur de nouvelles expertises de conseil.

Bellot Mullenbach & Associés (BM&A) conservera sa marque, mais l’un de ses fondateurs a décidé de prendre du recul. « Je passe progressivement du statut de directeur général délégué (DGD) à celui de 'senior advisor', annonce Jean-Louis Mullenbach qui aura bientôt 65 ans. Je serai en charge du développement de la présence institutionnelle de BM&A en France et continuerai à traiter, en tant qu’associé, des missions ponctuelles d’expertise, conjointement avec les associés responsables de nos différentes lignes de service. » Associé historique de RSM Salustro Reydel, il avait rejoint en 2003 le cabinet d’audit FCC de Thierry Bellot, rebaptisé BM&A. Depuis deux ans, il a cédé la plupart de ses parts pour faire monter une nouvelle génération. Ainsi, parallèlement à quelques départs, « nous avons associé trois managers du cabinet et en avons accueilli quatre venus de l'extérieur, précise Thierry Bellot, cofondateur de BM&A. Après Sandra Dujardin (seule femme associée, NDLR) il y quatre mois, Maïr Fereres nous a rejoints le 9 juillet ». Ce spécialiste des moyennes capitalisations et introductions en Bourse, ancien associé de KPMG, arrive du petit cabinet indépendant DSA.

Conseil en financement

La gouvernance de BM&A a également évolué. Depuis l’an dernier, Thierry Bellot assure la direction générale. Pascal de Rocquigny, Eric Seyvos, Erwan Lirin et Hervé Krissi sont DGD. La maison compte 15 associés sur un total de 86 personnes (contre 74 il y a un an). « Nous n’avons pas une pyramide des compétences classique car nos équipes sont très 'séniorisées' », pointe Eric Seyvos, l’un des « quadras » du cabinet où cohabitent commissariat aux comptes (environ 30 % des revenus) et conseil financier (voir le graphique). « Les associés sont très impliqués dans leurs dossiers, surtout pour des missions de channel 2 (conseil aux entreprises non auditées, NDLR) qui se déroulent souvent dans l’urgence, exigeant une très grande réactivité notamment dans les entreprises en difficulté ou en situation conflictuelle », explique Thierry Bellot, qui veut « continuer à investir dans les métiers à forte technicité. »

BM&A va ainsi créer une ligne métier de conseil en financement pour aider les entreprises à trouver des alternatives au crédit bancaire, pénalisé par les règles de Bâle III. « Pour cela, nous espérons recruter le directeur financier d’un groupe coté dès la rentrée », confie le directeur général. De même le cabinet veut renforcer son pôle formation. Tourné vers les institutions de place et les écoles, il pèse moins de 2 % du chiffre d’affaires. « Nous sommes en train de recruter une personne dédiée à ce métier pour le développer dans les entreprises, notamment les grands groupes », indique Thierry Bellot. Troisième défi pour BM&A : « Etre davantage présent dans le secteur public, avance Jean-Louis Mullenbach. Je vais y consacrer une partie de mon temps et nous aimerions embaucher un ou deux professionnels de ce secteur dans les six mois. » Ces chantiers s’inscrivent dans un plan stratégique à horizon 2015. « C’est une première pour notre cabinet, poursuit le senior advisor. Nous allons le finaliser à la rentrée. »

15 % de croissance

Diversification ne veut pas dire dilution. « Nous voulons maintenir une part significative de l’audit dans nos activités, assure Eric Seyvos. C’est une excellente formation pour le conseil et une expertise indispensable pour mettre en œuvre l’accompagnement des directions financières. » BM&A ne suivra ni la voie de Ricol Lasteyrie, qui se consacre désormais aux missions de conseil, ni celle des grands réseaux qui couvrent tous les métiers du chiffre, y compris l’expertise comptable des PME, la gestion de paie... Le cabinet pointe à la 45eplace du marché français sur les activités réglementées dans le classement 2011 de La Profession Comptable. Après quatre années quasi stables dans un marché de l'audit en difficulté, l’exercice 2011-2012 clos fin juin se démarque : « Notre activité a crû de près de 15 % », affirme Thierry Bellot. Fort de sa rentabilité (5 % à 6 % du chiffre d’affaires chaque année) et de son positionnement, BM&A ne veut pas grossir à tout prix, après l’échec de son rapprochement avec le réseau Baker Tilly en 2010. Mais « nous avons besoin de relais à l’international, concède Jean-Louis Mullenbach. Au préalable, il faudrait une vraie réforme européenne encourageant l’audit conjoint (d’une même société, déjà pratiqué en France, NDLR). Nous ne nous lancerons pas tant que les conditions futures de l’exercice de notre profession ne seront pas fixées ». La réponse pourrait venir cet hiver, lors de l’examen du projet de directive sur l’audit de la Commission européenne.

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