L’avis de... Marc Hoffmeister, président de la commission internationale de la CGPME* Rhône

« Les aides publiques sont trop complexes car superposées »

le 13/09/2012 L'AGEFI Hebdo

Quels sont les besoins d’accompagnement des PME à l’exportation ?

Il y a un besoin très fort car une entreprise sur deux qui exporte est une TPE. Or l’exportation constitue une activité gourmande en fonds propres : l’entreprise doit créer des schémas commerciaux, des plans d’affaires nouveaux et le temps de latence avant les résultats est assez important. Plus le marché visé est développé et mature et plus sa pénétration est difficile. On compte 22.850 entreprises réalisant plus de 500.000 euros de chiffre d’affaires à l’export, c’est-à-dire un niveau déjà significatif, ce qui montre que les exportations sont concentrées sur un nombre limité d’entreprises, qu’il faut accroître.

Les dispositifs existants sont-ils adaptés ?

Les aides publiques à l’export existent et peuvent être pertinentes, comme l’assurance prospection gérée par la Coface qui mobilise peu de trésorerie pour un très fort ROI (return on investment) apporté à l’entreprise. Il s’agit en effet d’une assurance en cas d’échec. Les montants consacrés à l’export par ce biais sont toutefois limités, on les évalue à une cinquantaine de millions par an. Trop souvent, les aides publiques obéissent à des procédures complexes car superposées. Un rapport de la Cour des comptes vient ainsi de montrer la faible utilisation du crédit d’impôt pour la prospection à l’export, qui a touché près de 500 entreprises pour 13 millions d’euros. Si Oséo s’est donné des moyens et a sensibilisé ses équipes ces dernières années, la Coface ne finance que 1.500 dossiers nouveaux par an. Point positif, l’Etat a tout de même simplifié son système, ce qui marque un grand pas : les actions d’Oséo, de la Coface, d’Ubifrance et des chambres de commerce ont été coordonnées pour créer les équipes de France de l’export. A présent, Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur, s’attache à faire évoluer le dispositif afin qu’il soit copiloté par les régions. Quant aux banques, si elles ont compris que les entreprises qui exportent sont en général de qualité, elles se focalisent pour l’essentiel sur les plus performantes. Trois banques représentent l’essentiel des dossiers d’assurance prospection.

*Confédération générale des petites et moyennes entreprises

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