Rencontre avec... André Rousset, directeur financier d’Entremont Alliance, leader européen de l’emmental

« Depuis un an, nous avons couvert tout ou partie de notre risque énergétique »

le 18/11/2010 L'AGEFI Hebdo

Quel est le dispositif prévu par votre groupe pour gérer le risque de change ?

Il s’agit essentiellement de couvrir des revenus d’environ 100 millions de dollars (pour un chiffre d’affaires de 1,7 milliard d’euros en 2009). Nous externalisons notre stratégie auprès d’une société spécialisée qui intervient selon une gestion dynamique sur un an glissant, saisissant les opportunités ou bouclant les positions en fonction du marché. Nous-mêmes restons très impliqués, fixant chaque année un cours budget « défendable » par le marché, puis exécutant les transactions auprès de nos banques. En outre, pour lui permettre de gérer l’ensemble de nos positions, nous communiquons au fur et à mesure tous nos flux d’encaissement et facturations à venir à notre conseil. Il ne s’agit donc pas de nous défausser mais de confier à un spécialiste nos positions afin de les suivre heure après heure, avec réactivité. Nous gérons également notre risque de taux, lié à l’endettement, mais de façon plus occasionnelle car c’est une gestion à moyen terme.

Le risque sur matières premières est-il couvert ?

Depuis un an et la flambée des prix associée à une forte volatilité, nous avons couvert tout ou partie de notre risque énergétique. Certains contrats sont ainsi indexés sur des indices énergétiques ou font l’objet de couvertures, la direction financière travaillant en lien avec celle des achats sur cette problématique. Eventuellement, les achats de couvertures sont sous-traités directement auprès d’énergéticiens. Sur le lait, Euronext vient de lancer des contrats à terme qui pourraient servir à des couvertures. Toutefois, nous sommes sceptiques sur l’intérêt de ces instruments car, à la différence du pétrole dont l’indice fait automatiquement varier de nombreux contrats qui y sont liés (gaz, transport...), le prix va, dans le cas du lait, continuer de dépendre des conditions agricoles concrètes très liées à la climatologie, à des interventions politiques et à des systèmes de régulation. Prendre des positions sur les marchés risquerait donc de nous déconnecter de la réalité qui n’évolue pas selon la même logique économique. Bien plus, il nous semble que le marché à terme du lait risque d’attirer la spéculation et d’accroître la volatilité déjà forte. Après avoir été très encadré, le marché ne peut pas affronter une libéralisation trop rapide.

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