L'action Atlantia est malmenée en Bourse

le 16/08/2018

La société mère de l'opérateur du viaduc de Gênes, qui s'est effondré mardi, critique la menace de révocation par le gouvernement de la concession autoroutière de sa filiale Autostrade car elle nuirait à ses actionnaires.

Bourse de Milan, Italie
(Bourse de Milan © EU EC Marco Bertorello)

(mis à jour à 15H25) De nouveau suspendue dans la matinée, jeudi, l'action d'Atlantia, société mère de l'opérateur du viaduc de Gênes qui s'est effondré mardi, a accusé une forte baisse en Bourse, jeudi. 

A l'ouverture, le titre a enregistré un recul de 23,58% à la reprise de cotation à la Bourse de Milan, après son avertissement sur la révocation de sa concession autoroutière. En fin de matinée, le titre limitait sa perte autour de 15% lorsqu'a été annoncée sa suspension.

Jeudi, Atlantia, groupe de concessions à péage, a déclaré que la façon dont le gouvernement italien avait annoncé la révocation de la concession autoroutière de sa filiale Autostrade à la suite de l'effondrement du viaduc, qui a coûté la vie à 38 personnes, était de nature à nuire à ses actionnaires. En fin de matinée, le gouvernement a semblé étudier plusieurs options, s'interrogeant notamment sur la possibilité d'infliger à Autostrade per l'Italia une amende au lieu d'une révocation de sa concession autoroutière, a révélé une source gouvernementale, citée par Reuters.

La veille, le président du Conseil italien Giuseppe Conte avait annoncé, à l'issue d'une réunion du conseil des ministres que le gouvernement n'attendrait pas les conclusions de l'enquête judiciaire sur l'effondrement de ce viaduc autoroutier avant de retirer Autostrade de son permis. Le ministre italien des Transports Danilo Toninelli avait auparavant annoncé l'ouverture une procédure de retrait de la concession autoroutière accordée à Autostrade per l'Italia.

Atlantia, qui affirme avoir rempli correctement toutes ses obligations d'entretien de l'autoroute, a déclaré que l'annonce du gouvernement était intervenue avant qu'elle reçoive une plainte officielle et avant que les causes de la catastrophe ne soient établies. Si la concession est révoquée ou résiliée avant terme, Autostrade a droit à une indemnisation, a déclaré sa maison mère. Or, "les modalités d'un telle annonce peuvent avoir un impact sur les actionnaires et les détenteurs d'obligations d'Atlantia", indique Atlantia.

Selon les analystes de BofA Merrill Lynch (BAML), la concession principale d'Atlantia, Autostrade per l'Italia (ASPI), représente 67% de l'EBITDA de la société (avant la consolidation d'Abertis). L'intermédiaire a abaissé sa recommandation sur le titre à "neutre", évoquant la pression accrue exercée par le gouvernement italien. Rome réclame de lourdes sanctions contre le groupe et selon Danilo Toninelli celles-ci pourraient atteindre les 150 millions d'euros. Le ministre a également estimé, sur sa page Facebook, que les dirigeants d'Autostrade per l'Italia devaient démissionner.

En France, un consortium emmené par Atlantia a remporté l'appel d'offres pour la privatisation de l'aéroport de Nice-Côte d'Azur.

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