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Retour sur le futur de la Gestion d'Actifs : 1ères conclusions de l’étude « Long View »

Société Générale Securities Services
le 29/06/2018

Retour sur le futur de la Gestion d'Actifs : 1ères conclusions de l’étude « Long View »

Fin 2017, Société Générale Securities Services (SGSS) a mené une série d’entretiens avec des dirigeants de sociétés européennes de gestion d’actifs, sociétés de gestion et investisseurs institutionnels ainsi que des gestionnaires de fonds immobiliers et de private equity sur les questions majeures auxquelles doit faire face le secteur, de l’environnement économique mondial à l’intelligence artificielle.

Cent dirigeants de 66 sociétés de huit pays européens : Royaume-Uni, France, Allemagne, Pays-Bas, Suisse, Luxembourg, Italie et Danemark, se sont prêtés au jeu. Chacun d’eux a été interviewé en personne par deux managers seniors de SGSS et a répondu à des questions sur quatre thèmes majeurs : l’environnement économique, les clients et les stratégies afférentes, l’adaptation opérationnelle, et l’adoption de nouvelles technologies.

Selon Étienne Deniau, directeur du marketing stratégique de SGSS, les questions sur des sujets très larges, ont volontairement été posées de façon ouverte afin de déboucher sur des témoignages riches et variés. M. Deniau a également insisté sur l’avantage des entretiens en face à face avec des dirigeants par rapport aux questionnaires à choix multiples mis en ligne à grande échelle sans contrôle effectif des répondants.

« Il en résulte une analyse beaucoup plus riche, déclare-t-il. Nous accédons à leurs idées sur la stratégie, à leur structure opérationnelle et à leurs opinions sur la technologie et les tendances de demain. Les réponses que nous avons reçues se sont avérées beaucoup plus fournies et argumentées qu’avec un simple questionnaire en ligne. »

« Ils nous ont fait part de leur vision du secteur et de leurs défis stratégiques, et ont pu identifier les tendances majeures actuelles et à venir, ainsi que le sentiment positif ou négatif qu’elles inspirent chez ceux qui les vivent et sont à leur origine. »

Ces réponses seront publiées, analysées et débattues lors d’une série de roadshows organisés par SGSS avec des panels d’experts. Les roadshows auront lieu à Londres, Paris, Francfort, Zurich, , Milan ainsi que Luxembourg de juin à juillet.

Bien qu’il soit un peu tôt pour révéler la plupart des conclusions de l’étude, M. Deniau a pu nous donner des indications sur deux des résultats surprenants des entretiens. D’abord, l’investissement environnemental, social et de gouvernance (ESG) est maintenant considéré comme une stratégie dominante, et non comme un type de placement spécialisé, par la majorité des participants.

Il existe toutefois plusieurs niveaux d’engagement à la cause ESG au sein du secteur, selon M. Deniau. Certains dirigeants et investisseurs sont convaincus, d’autres sont plus opportunistes. Certains se considèrent comme des débutants en la matière, et quelques-uns y participent à contrecœur. Le dénominateur commun est leur façon de considérer l’ESG comme un critère d’investissement inévitable, qui ne peut plus être ignoré.

L’intérêt pour l’investissement ESG est particulièrement vif parmi les gestionnaires de fonds private equity et immobiliers, et parmi leurs investisseurs. Comme les fonds de private equity ont souvent une participation majoritaire dans les sociétés de « l‘économie réelle », leurs gestionnaires ont une véritable responsabilité en termes d’impact environnemental et social, affirme M. Deniau.

Certaines motivations sont plus opportunistes ; par exemple, le fait qu’environ 20 à 25 % de la production totale de dioxyde de carbone provient des bâtiments a créé la nécessité de construire des immeubles plus performants, et donc souvent des retours sur investissement plus long dans ce secteur.

La seconde surprise vient du Brexit. « C’est une question qui est revenue dans de nombreux entretiens, et la plupart des participants (environ 66 %) sont complètement neutres à ce sujet et à celui de son impact, affirme M. Deniau. Pour 25 % des participants, le Brexit est perçu comme une opportunité, et pour les 8 à 10 % restants, le besoin d’adapter les modèles va être nécessaire. Cela nous a surpris. »

Là encore, c’est sur les marchés immobiliers et de private equity que l’impact du Brexit suscite un intérêt plus vif. Bien que la majorité des intervenants de ce secteur pensent que Londres continuera de constituer un centre financier majeur pour le placement, ils prévoient aussi un accroissement de l’intérêt envers l’immobilier et le private equity de l’Europe continentale. « Il y aura davantage d’opportunités en Europe continentale, mais le prix de l’immobiliers ou du capital-investissement risque d’augmenter. »

Pour ceux qui s’attendent à un changement de leur modèle commercial à la suite du Brexit, la plus forte partie de l’impact se manifestera plutôt dans cinq ans que dans un avenir immédiat.

L’étude « Long View » s’inscrit aussi dans une initiative SGSS liée à la technologie : qu’utilisent les entreprises actuellement et que cherchent-elles à développer à l’avenir ?

« Nous avons découvert différentes postures. Certains se sont fortement engagés dans les nouvelles technologies et disposent déjà de processus robotisés (RPA), de moteur d’intelligence artificielle ou de robo-advisors déjà en production, tandis que d’autres en sont encore à faire de veille technologique », déclare M. Deniau.

« Nous pensons que le secteur est à la veille d’une transformation majeure. Nous sortons de longues années de réglementation des opérations et nous allons maintenant assister à l’impact des nouvelles technologies, à l’heure où chacun cherche à avancer à un rythme de plus en plus rapide. »

Pour un administrateur d’actifs comme SGSS, l’avantage de cette recherche est de pouvoir comprendre où ses clients, les gestionnaires d’actifs, se placent en termes de tendances et de nouvelles technologies, affirme M. Deniau. « SGSS se fera ainsi une meilleure idée des domaines dans lesquels elle doit s’adapter et à quelle vitesse elle doit le faire. »

Par exemple, côté opérations, il devient évident qu’en raison des exigences des nouvelles réglementations, les sociétés qui conservaient autrefois toutes leurs opérations en interne ne pourront plus continuer cette stratégie et devront s’engager dans une forme d’externalisation opérationnelle ou une autre.

« Le but du roadshow est de présenter toutes ces informations et d’en débattre avec un panel de gestionnaires d’actifs, déclare M. Deniau. Nous pourrons alors présenter un panorama du secteur pour les prochaines années. Les résultats donneront l’occasion à toutes les parties prenantes et à tous ceux qui ont participé à l’étude de se mesurer à leurs pairs en termes de nouvelles tendances et de nouvelles technologies. »

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