Numericable aurait la préférence de Vivendi pour le rachat de SFR

le 14/03/2014

Le groupe de Vincent Bolloré réunit ce vendredi matin un conseil de surveillance sur l'avenir de sa filiale pour arbitrer entre les offres de Bouygues et Numericable

Les dirigeants de Vivendi , qui réunit ce vendredi matin depuis 11H un conseil de surveillance sur l'avenir de sa filiale SFR, préfèrent l'offre de rachat déposée par Numericable, concurrente de celle de Bouygues, a affirmé vendredi Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif. « J'ai cru comprendre que les dirigeants de Vivendi ont décidé coûte que coûte de vendre SFR à Numericable », a déclaré Arnaud Montebourg sur la radio Europe 1.

Jeudi 13 mars, le comité spécial chargé par Vivendi d'examiner les offres de reprise de sa filiale mobile SFR a donné sa préférence à Numericable, rapporte l'agence Reuters, citant plusieurs sources. Le ministre, qui a à plusieurs reprises manifesté sa préférence pour l'offre de Bouygues, estime que celle de Numericable, détenue par Patrick Drahi, pose des problèmes fiscaux ainsi que de concurrence dans le domaine du câble. « Il y a un problème fiscal puisque Numericable a une holding à Luxembourg, son entreprise est cotée à la Bourse d'Amsterdam et sa participation personnelle est à Guernesey et que lui-même réside en Suisse », a ajouté le ministre.

Le conseil de surveillance de Vivendi prévu ce vendredi pour examiner les deux offres déposées pour le rachat de sa filiale de téléphonie fixe et mobile SFR est décisif. La transaction pourrait bouleverser le paysage du troisième plus gros marché des télécoms en Europe. Les discussions se dérouleront sous la houlette de Jean-René Fourtou, président du conseil de surveillance, et de Vincent Bolloré, son successeur. La réunion pourrait déboucher sur l'entrée en négociations exclusives avec l'un des deux candidats. Reste à savoir quelle recomposition sera la plus favorable, entre la convergence du mobile et du fixe, une tendance de fond en Europe, et une offre réduite à trois acteurs dans le mobile avec la perspective d’un renforcement de l’opérateur Free. Pour atténuer les probables réticences de l'Autorité de la concurrence, Bouygues propose en effet un accord clef en main avec le groupe Iliad, maison-mère de Free, auquel il vendrait la totalité de son réseau et des fréquences mobiles, ce qui lui permettrait de récupérer jusqu'à 1,8 milliard d'euros.

Dans un entretien aux Echos, le patron de Free, Xavier Niel, a qualifié Numericable de gros LBO endetté « avec des multiples de cablô-opérateur alors que le mobile sera l’essentiel de l’activité du nouvel ensemble ».  Dans son offre améliorée, Bouygues propose de verser à Vivendi 11,3 milliards d'euros en numéraire et de donner au conglomérat français une participation de 43% dans le nouvel ensemble contre 46% précédemment. Le groupe de BTP et de communication espère rapprocher SFR de sa filiale Bouygues Telecom pour créer un nouveau numéro un français du mobile et détrôner l'opérateur historique Orange.

Selon plusieurs sources proches du dossier, Numericable aurait de son côté relevé de 850 millions d'euros la partie en cash de son offre. Le câblo-opérateur offrait jusque-là 10,9 milliards d'euros en numéraire et 32% de l'entité combinée. Le montant du volet en numéraire des offres ainsi que la possibilité pour Vivendi de se désengager facilement et rapidement des télécoms font partie des éléments qui seront déterminants pour la prise de contrôle de SFR.

Reste l’hypothèse d’une volte-face de Vivendi qui pourrait tout aussi bien décider d'abandonner la vente de sa filiale pour poursuivre son projet initial d'introduction en Bourse de SFR car le groupe Vincent Bolloré veut quoiqu’il en soit se recentrer sur le secteur des media.

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