Club Med, un grain de sable pour le tandem Axa PE-Fosun

le 24/07/2013

Club Med, un grain de sable pour le tandem Axa PE-Fosun

Réussir une OPA en France n’est pas un chemin jonché de roses, tant les possibilités de l’enrayer abondent. Le tandem franco-chinois Axa Private Equity-Fosun, en voie de prendre le contrôle du Club Med et de le retirer de la cote, en fait l’expérience.

Un grain de sable vient en effet de gripper l’opération, un recours en cour d’appel contre le visa accordé par l’AMF à l’opération la semaine dernière. Il émane d’un fonds d’investissement caritatif, Charity & Investment Merger Arbitrage Fund, actionnaire depuis quelques mois avec moins de 1% du capital.

Techniquement, l’OPA n’est pas suspendue et court jusqu’à fin août. Mais ce recours est fâcheux pour ses initiateurs à plusieurs titres.

D’abord, il va beaucoup rallonger les délais. La cour d’appel devrait décider le 19 août du calendrier d’examen de ce recours qui, en toute hypothèse, s’étalera sur plusieurs mois.

Du coup, certains actionnaires pourraient hésiter à apporter leurs titres alors qu’aujourd’hui, après le ralliement à l’offre de la Caisse des dépôts et d’Air France, le tandem franco-chinois n’est encore assuré du contrôle que de 40% du capital. Or, à moins de 50%, il a déjà annoncé qu’il renoncerait à l’opération.

Par ailleurs, si les initiateurs décident de négocier avec le requérant un complément de prix, il devra relever d’autant le prix de l’offre en vertu du principe d’égalité de traitement des actionnaires.

D’où une vraie incertitude juridique, potentiellement préjudiciable à un projet dont la pertinence pour l’entreprise n’est mise en doute par personne.

Sans doute y a-t-il là d’ailleurs matière à réflexion pour l’AMF, sensible à l’allongement des procédures dans le cadre d’une offre publique. Témoin celle concernant la prise de contrôle de Silic par Icade, bloquée pendant 18 mois en raison d’un recours d’actionnaires minoritaires.

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