Les craintes d’une récession plus forte que prévu en zone euro s’accentuent

le 23/08/2012

Les enquêtes PMI Markit auprès des entreprises de la région suggèrent un repli de 0,5-0,6% du PIB au 3ème trimestre, contre 0,2% attendu selon le consensus Reuters.

Les craintes d’une récession plus forte que prévu en zone euro s’accentuent

Le produit intérieur brut (PIB) des Dix-Sept pourrait se contracter de 0,5% à 0,6% au troisième trimestre sur fond de baisse continue des commandes, suggèrent jeudi les résultats préliminaires des enquêtes mensuelles du cabinet Markit auprès des directeurs d'achats. La zone euro semble vouée à subir sa deuxième récession en trois ans au vu des derniers résultats des indicateurs PMI Markit, la baisse de l'activité affectant désormais l'Allemagne, première puissance économique de la région, restée longtemps épargnée. Une telle baisse serait bien supérieure à celle attendue jusqu'à présent par les économistes : une enquête publiée au début du mois par Reuters faisait ressortir un consensus de baisse de 0,2% du PIB au troisième trimestre.

Le moteur allemand s’essoufle

La crise de la dette, circonscrite dans un premier temps aux pays "périphériques" de la zone euro, plombe désormais l'activité des entreprises et le moral des ménages dans l'ensemble de ses pays membres. L'indice PMI composite de la région, qui regroupe le secteur manufacturier et celui des services, ne s'est que légèrement redressé pour août à 46,6 et reste pour le septième mois consécutif sous le seuil de 50 séparant contraction et expansion. Plus inquiétant, l'indice composite allemand, inférieur à ce seuil pour le quatrième mois d'affilée, a chuté à son plus bas niveau depuis trois ans, à 47,0. "L'espoir de voir la solidité de l'économie allemande contribuer à la reprise de l'ensemble de la zone a subi un coup sévère avec l'accélération du rythme de la contraction économique et de nouveaux signes montrant que le moteur des exportations a enclenché la marche arrière", a déclaré Rob Dobson, économiste de Markit. En France, deuxième économie de la zone, les indices PMI flash, bien que meilleurs qu'attendu, traduisent un sixième mois consécutif de contraction de l'activité.

Les commandes aux entreprises poursuivent leur baisse

Les commandes enregistrées par les entreprises de la zone euro sont en baisse depuis maintenant un an. Le sous-indice PMI permettant de mesurer leur évolution n'a que légèrement progressé en août, à 45,0, après avoir touché le mois dernier un plus bas de trois ans à 44,5. Le PMI flash de l'industrie manufacturière est remonté à 45,3 contre 44,0 en juillet mais celui des services a de nouveau reculé à 47,5 contre 47,9. Les entreprises industrielles ont réduit leurs effectifs en août pour le septième mois d'affilée mais à un rythme moins marqué qu'en juillet.

Le PIB des Dix-Sept a reculé de 0,2% au deuxième trimestre selon les chiffres officiels publiés la semaine dernière. Et les économistes interrogés par Reuters n'anticipent pas de retour à la croissance avant l'an prochain. Pour tenter de soutenir l'activité, la Banque centrale européenne pourrait de nouveau réduire son principal taux d'intérêt la semaine prochaine pour le ramener à 0,5%, ce qui marquerait un nouveau plus bas historique. Mais les observateurs estiment qu'une telle mesure aurait peu d'effet sur le crédit. "Est-il nécessaire de rajouter une contrainte supplémentaire sur le rééquilibrage trop rapide des finances publiques ? Pas sûr sauf à prendre le chemin de la récession pour tous. La politique de la BCE même si elle se relâche encore un peu ne peut pas parer à toutes les situations" juge Philippe Waechter, directeur de la recherche économique de Natixis Asset Management.

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