Le conseil d'administration de Carrefour entérine le projet de fusion au Brésil

le 04/07/2011

Une enseigne Carrefour à Rio de Janeiro. Photo: Rich Press/Bloomberg

Carrefour a annoncé ce matin que son conseil d'administration soutenait le projet de fusion de sa filiale brésilienne avec celle de son rival Casino.

Casino est actionnaire de Grupo Pao de Açucar (GPA) à hauteur de 43,1% du capital et en exerce le contrôle opérationnel à parité avec le milliardaire Abilio Diniz - président du conseil d'administration du distributeur brésilien - au sein de la holding Wilkes. Casino voit d'un mauvais oeil une transaction au terme de laquelle il serait minoritaire et qui plus est dans une entité contrôlée par son concurrent Carrefour. Selon une source proche du dossier, Jean-Charles Naouri, le PDG de Casino, est parti au Brésil pour rencontrer des responsables de la BNDES, dont le président, Luciano Coutinho, a déclaré dans un entretien publié par l’hebdomadaire Veja que qu’elle ne mobilisera pas les 1,7 milliard d’euros promis pour la fusion entre GPA et Carrefour, à moins que Casino ne donne son feu vert. «Vu la position adoptée par la BNDES ce week-end, l’annonce du Conseil d’administration de Carrefour peut surprendre. Mais pouvait-il rester silencieux plus longtemps ?» estime CM-CIC, qui précise que «l'image de Carrefour sera affectée par un éventuel échec».

Le distributeur français a réaffirmé lundi dans un communiqué - où le nom de son concurrent Casino n'apparaît pas - que son projet permettrait la création d'un «acteur majeur de la distribution au Brésil» avec un chiffre d'affaires combiné supérieur à 30 milliards d'euros. «En cas de réalisation de l'opération, Carrefour augmenterait significativement son exposition aux marchés de croissance, qui représenteraient plus de 40% de ses ventes consolidées à horizon 2013», a indiqué Carrefour qui explique en outre qu'une fusion permettrait de dégager entre 600 et 800 millions d'euros de synergies.

La volonté d'Abilio Diniz de fusionner GPA avec la filiale de Carrefour intervient alors que Casino a la possibilité d'être seul maître à bord à compter de juin 2012 grâce à l'exercice d'une option d'achat dans la holding Wilkes. Le groupe dirigé par Jean-Charles Naouri reproche à Abilio Diniz d'avoir engagé des négociations avec Carrefour sans l'avoir consulté, une démarche que Casino juge illégale.

Personne n'était immédiatement disponible chez Casino pour commenter le communiqué de Carrefour mais une source proche de l'entourage du groupe évoquée par Reuters avait indiqué la semaine dernière qu'une prise de position publique en faveur de la fusion constituerait une ligne jaune à ne pas franchir. Avec de probables procédures judiciaires à la clé, les marchés financiers se préparent à une bataille de longue durée, qui se double d'une importante dimension politique, les autorités brésiliennes ne cachant pas leur ambition de créer un champion national de la distribution.

En forte croissance, le Brésil est un marché stratégique pour les deux groupes français. Deuxième marché de Carrefour après la France avec 12,3% des ventes totales du groupe, il compte pour environ un tiers des 11,12 milliards d'euros de ventes de Casino à l'international.

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