Rencontre avec… Bénédicte Huot de Luze, déléguée générale de l’Association pour le management des risques et des assurances de l’entreprise (Amrae)

« La gestion des risques ne doit pas être un combat de testostérone ! »

le 12/03/2015 L'AGEFI Hebdo

« La gestion des risques ne doit pas être un combat de testostérone ! »
Bénédicte Huot de Luze, déléguée générale de l’Association pour le management des risques et des assurances de l’entreprise (Amrae)
(DR)

Le métier de « risk manager » tend à se féminiser. Comment expliquez-vous cette tendance ?

Ce métier présente deux grandes caractéristiques : 50 % de savoir-faire et 50 % de savoir-être. Les qualités comportementales sont essentielles, il faut de l’écoute, laisser parler les personnes à qui l’on s’adresse, de la créativité aussi. Et de la conviction. Il faut avoir le courage de dire les choses, d’exprimer ses opinions. Les femmes ont ce courage, peut-être parce qu’elles sont moins politiques que les hommes. Face à un directeur général, une femme utilisera ses mots, sa pédagogie, sa finesse d’esprit pour faire passer des messages. La gestion des risques ne doit pas être un combat de testostérone !

Ce métier peut-il permettre aux femmes de crever le plafond de verre, d’accéder à de hautes responsabilités dans l’entreprise ?

La fonction de risk manager est devenue de plus en plus stratégique pour les entreprises, notamment celles du secteur banque-finance. C’est aussi un métier où l’on est très exposé car on interagit régulièrement avec la direction générale. Par conséquent, les femmes risk manager avancent au rythme de cette fonction et peuvent en faire un tremplin pour grimper dans la hiérarchie. Intégrer des comités de direction/exécutifs aussi, car le risk manager est celui, ou celle, qui a la vision la plus transversale de l’entreprise, il ne faut pas l’oublier.

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