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Les banques au défi des taux bas

Les banques au défi des taux bas
(Bloomberg)

Le contexte des taux d'intérêt très faibles pèse lourdement sur les marges d'intermédiation des banques. Justifiée par les banquiers centraux par la faiblesse de l'inflation et celle de la croissance, la politique monétaire ultra-accommodante menée en zone euro, mais aussi au Japon et encore partiellement aux Etats Unis, ronge les taux prêteurs octroyés par les établissements de crédit.

Ceux-ci, notamment aux Etats Unis, se sont lancés dans une course au volume qui ne peut que se traduire in fine par l'alourdissement du risque de crédit. Cela au moment où le durcissement de la régulation financière place désormais la barre bien plus haut en termes de liquidité et de fonds propres. 

Mise en oeuvre depuis plusieurs années (la Banque de France situe le début de la baisse tendancielle des taux d'intérêt en 2009), cette politique monétaire risque de durer quelque temps encore compte tenu des incertitudes qui menacent l'économie (conséquences du Brexit, tensions géopolitiques ...). Contestant la responsabilité de sa politique, la BCE estime au contraire que les banques peuvent profiter d’une réévaluation de leur portefeuille obligataire. Et que leur profitabilité est soutenue par des flux de crédit plus importants et par des provisions sur les prêts plus faibles que celles qu’elles auraient connues sans une politique monétaire accommodante.