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Le calcul du risque divise le Comité de Bâle et les banques

Le calcul du risque divise le Comité de Bâle et les banques

Les calculs des actifs pondérés par les risques (RWA) pratiqués par les banques sont-ils fiables ou sont-ils source d'erreurs voire d'arbitraire ? Défini comme le ratio actifs pondérés des risques sur exposition en cas de défaut, le RWA est un indicateur essentiel pour les groupes bancaires car il détermine leurs besoins en fonds propres. 

En décembre 2014, le Comité de Bâle a publié deux consultations sur le calcul des encours pondérés par le risque. La première institue un nouveau «floor», un plancher qui garantit que certains établissements ne sous-estiment pas leurs besoins en capitaux en utilisant des modèles internes. La seconde vise notamment à supprimer la référence aux notations externes dans les modèles standards, ceux qu'utilisent les petites banques, et, en France, la Banque Postale. 

Presque toutes les grandes banques se servent de modèles internes pour apprécier leurs actifs pondérés en risque. Après avoir passé plusieurs années à réformer le numérateur des ratios de solvabilité,  le capital, le Comité de Bâle a mis en chantier la refonte du calcul du dénominateur, les RWA. Les écarts importants enregistrés entre les banques laissent craindre des erreurs de modèles internes ou une sous-estimation volontaire des encours risqués, et donc des fonds propres à y allouer. D'où la mise en oeuvre parallèle du ratio de levier, fondé sur le bilan non pondéré par les risques. 

En France, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a rendu un premier verdict en avril 2015: "les banques présentent des taux d'actifs pondérés des risques ou taux de RWA similaire, hormis une banque qui se distingue par un conservatisme supérieur", a indiqué l'autorité.