La chronique de l'actualité

Assurance vie, une vigilance justifiée

le 04/04/2019

Alexandre Garabedian

Les particuliers, on le sait, ont une fâcheuse tendance à miser sur la Bourse au plus haut du marché. Et pour investir en actions, l’assurance vie reste encore la solution la plus simple. Il n’est donc pas étonnant que l’ACPR, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, ait décidé cette année de faire la police en matière de vente des contrats en unités de compte.

La tutelle des banques et des assureurs n’en est pas à sa première mise en garde dans ce domaine. Les unités de compte, en effet, ne garantissent pas le capital de l’épargnant. Cela ne les empêche pas d’être de plus en plus populaires. Elles ont doublé en 7 ans leur poids dans la collecte brute d’assurance vie, à un peu plus de 30% l’an dernier. Ces contrats représentent surtout la totalité de la collecte nette, 21 milliards d’euros en 2018, en raison de la désaffection qui touche les fonds en euros. Ceux-ci offrent une garantie en capital, mais sont de moins en moins rémunérateurs. L’an dernier, le taux moyen servi à l’assuré sur les traditionnels supports en euros est même passé sous le niveau de l’inflation.

Sur le papier, ce changement de comportement a sa logique. En cette période de taux d’intérêt au plancher, les épargnants gagnent à prendre plus de risques pour un meilleur rendement. Encore faut-il qu’ils exercent ce choix en connaissance de cause. Les assureurs, les courtiers et les réseaux bancaires ont tout intérêt à promouvoir les unités de compte auprès de leurs clients, car ces produits sont plus rémunérateurs, et moins gourmands en fonds propres que le contrat en euros traditionnel.

Malheureusement pour les investisseurs, l’histoire ne plaide pas en leur faveur. En 2005, grâce à l’amendement Fourgous, les particuliers avaient été poussés à transformer massivement leurs vieux fonds en euros en contrats multisupports investis en actions, juste avant le krach boursier de 2007. Dix ans plus tard, les transferts Fourgous ont à nouveau bondi en 2017, quelques mois avant la correction des marchés actions de l’automne dernier. A l’heure où le projet de loi Pacte doit encore faciliter ces transferts vers les unités de compte, la vigilance de l’ACPR est plus que jamais justifiée.

Sur le même sujet

A lire aussi