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Les banques françaises attendues au tournant par les investisseurs

le 04/02/2019

Philippe Mudry

Les banques françaises se présentent aux investisseurs pour une épreuve redoutable cette semaine. Non seulement il leur faudra détailler les résultats d’un dernier trimestre éprouvant sur les marchés, mais encore démontrer que leur modèle de banque universelle reste capable de créer de la valeur.

Le moins que l’on puisse dire est que les marchés en doutent. Ce n’est pas les résultats de Deutsche Bank qui les auront rassurés.

Si les résultats des banques françaises sont aussi attendus, c’est notamment parce que l’avertissement sur ses revenus lancés mi-janvier par la Société générale a jeté un froid. Rappelons que la banque au sigle rouge et noir prévoit « une baisse des revenus des activités de marchés et services aux investisseurs d'environ 20% au quatrième trimestre 2018 par rapport au quatrième trimestre 2017 ».

Or Deutsche Bank n’a annoncé vendredi qu’une baisse de 5% des revenus de sa banque d’investissement au 4ème trimestre par rapport à l’année précédente. Or cela a suffi à la mettre dans le rouge de quelque 400 millions d’euros sur la période. Le titre a cédé sur la nouvelle jusqu’à 3% en séance.

Les résultats des BFI françaises seront donc jugés à l’aune de ceux de leur rivale allemande. Or elles ne doivent pas compter sur la mansuétude d’investisseurs qu’a échaudés une autre annonce de Société générale : celle de rouvrir l’option d’un paiement du dividende en actions.

La banque de La Défense aurait-elle des soucis de solvabilité ? Telle est la question que les analystes se posent, à son égard mais aussi s’agissant de ses concurrentes françaises. Leur capacité à générer structurellement des fonds propres sera un critère-clé selon lequel elles seront jugées par les investisseurs.

Or il leur sera d’autant plus difficile de convaincre que les perspectives monétaires tracées par la BCE ne laissent en rien prévoir une repentification rapide de la courbe des taux en Europe, gage d’une amélioration à venir de la rentabilité par le biais de la marge d’intérêts.

Or c’est elle qui devait nourrir, à moyen terme, une part du redressement de la profitabilité et par ricochet une remontée de leurs cours qui affichent tous des décotes sur actifs nets préoccupantes.

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