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Le scandale 1MDB poursuit Goldman Sachs

le 08/11/2018

Alexandre Garabedian

David Solomon l’a confié mercredi : il se sent très mal. Le désarroi du nouveau directeur général de Goldman Sachs s’explique par un chiffre et trois lettres : 1MDB. Le fonds souverain de Malaisie a été victime de l’une des plus retentissantes fraudes de l’histoire. Il aurait été utilisé par l’ex-Premier ministre malaisien Najib Razak et par sa famille pour détourner plusieurs milliards de dollars d’argent public.

Goldman Sachs avait, à l’époque, aidé le fonds souverain à lever plus de de 6 milliards de dollars de financements. Pour une banque d’affaires, c’est du business as usual. Ce qui est moins normal est le niveau exorbitant des commissions que la firme de Wall Street a encaissées à cette occasion. On parle de 600 millions de dollars, près de 10% des sommes levées.

Le rôle de Goldman Sachs a fait polémique dès que le scandale 1MDB a éclaté au grand jour en 2015. Mais si David Solomon se sent aujourd’hui obligé de monter en première ligne, c’est que l’affaire prend une vilaine tournure pour la banque. Au début du mois, la justice américaine a engagé des poursuites criminelles contre deux anciens cadres de Goldman Sachs pour blanchiment d’argent et corruption. Cette fois, il sera difficile de blâmer les agissements isolés de troisièmes couteaux. L’un des deux accusés, Tim Leissner, qui a décidé de plaider coupable, était un associé star de la banque en Asie. Et les sommes en jeu laissent penser que les transactions avec 1MDB étaient connues et approuvées au plus haut niveau. Ironie de l’histoire, l’ex-patron du groupe, Lloyd Blankfein, professait à la même époque le retour de l’éthique et de l’intérêt du client au premier plan. Pour Goldman Sachs et David Solomon, les répercussions du scandale 1MDB ne font que commencer.

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