La chronique de l'actualité

Les purs réassureurs perdent de leur lustre

le 06/09/2018

Alexandre Garabedian

Face aux appétits de Covéa, Scor a une nouvelle fois brandi mercredi l’argument de l’indépendance. Mais les opérations des derniers mois montrent que les acteurs de la réassurance ont plutôt tendance à s’adosser à plus grand qu’eux, et à des assureurs classiques. Le bermudien XL est tombé cette année sous la coupe d’Axa, tandis que Validus s’est vendu à l’américain AIG.

De fait, les Rendez-Vous de Septembre qui réunissent assureurs et réassureurs à Monte Carlo à compter de samedi ne laissent guère espérer d’amélioration sur le front des prix. L’année 2017, très coûteuse en matière de catastrophes naturelles, avait permis aux réassureurs de remonter leurs tarifs au mois de janvier dernier. Ce rebond devrait faire long feu dès 2019. Une majorité de cédantes – les compagnies qui transfèrent leurs risques aux réassureurs – table même sur une baisse des prix l’an prochain. Le secteur continue notamment à souffrir d’une offre de réassurance supérieure à la demande dans les activités dommages. Cet afflux de capitaux a été alimenté en particulier ces dernières années par l’essor des sources de protection alternatives, comme les obligations catastrophes. De quoi mettre sous pression les réassureurs de taille moyenne.

Par définition, le marché reste en outre cyclique et à la merci d’un sinistre particulièrement onéreux. Scor, qui a frôlé la faillite en 2002 après les attentats du World Trade Center, est bien placé pour le savoir. Même si les réassureurs disposent aujourd’hui d’un bilan solide, l’accroissement de la fréquence et de la sévérité des catastrophes naturelles favorise les stratégies de diversification. La mode n’est plus aux pure players de la réassurance.

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