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La City atterrée par l’ampleur du défi du Brexit

le 13/07/2018

Philippe Mudry

Londres a enfin abattu ses cartes : c’est un simple régime d’équivalence « amélioré » qui régira après le Brexit les rapports de la finance britannique avec le continent européen. Et cela ne convient pas du tout à la City !

Dans le livre blanc détaillant ses propositions à l’Union européenne que Downing Street a enfin publié, 4 pages sont consacrées aux services financiers qui pèsent quelque 10% du PIB national. C’est assez dire l’enjeu, en particulier pour la capitale elle-même.

Or, contrairement aux marchandises, pour lesquels le Royaume Uni demande le maintien d’une « zone de libre échange » avec l’Union, dans les services, dont la finance, Theresa May ne la demande pas.

Chacun gardera la main sur sa réglementation et sur les autorisations d’exercer accordées aux pays tiers, mais la Grande Bretagne et l’UE s’engageraient à s’accorder le plus possible sur les sujets d’intérêt commun grâce à une instance de « dialogue institutionnalisé ».

En clair, Londres se résout à un système d’équivalence, comme l’Union en a déjà signé des centaines avec d’autres pays, mais le voudrait « amélioré », notamment en termes de délai d’exécution en cas de retrait d’équivalence.

Pour la City, c’est la douche froide. « C’est un vrai coup dur », a réagi son lobby Cela signifie que la finance n’aura peuvent plus d’accès assuré au marché européen.

Avec en plus la menace de le voir se fermer dans le cas où l’Union jugerait la politique financière de Londres inacceptable, notamment en matière réglementaire.

Enfin, la possibilité d’obtenir un régime de faveur est mince, car Bruxelles ne voit pas pourquoi Londres devrait en bénéficier et d’autres pas, comme les Etats-Unis, un cas pourtant tout à fait comparable.

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