La chronique de l'actualité

Les banques italiennes torpillent en Bourse tout le secteur européen

le 07/06/2018

Philippe Mudry

Les banques européennes ont passé un mauvais moment mercredi en Bourse, avec un indice Stoxx 600 du secteur en baisse de plus de 2%. Cela porte à quelque 10% le recul des bancaires en Bourse depuis un mois.

Voilà de quoi alerter les investisseurs sur l’épreuve que représente, pour ces valeurs, la sortie, qui se profile de plus en plus clairement (lire par ailleurs), de la politique d’assouplissement quantitatif - leur invariable horizon depuis 3 ans et demi -, couplée à la volonté affichée par Rome de rompre avec la Doxa budgétaire européenne.

Le cocktail est très toxique pour elles. D’autant qu’elles se trouvent désormais, à leur corps défendant, sous l’influence de leurs consœurs transalpines qui ont repris leur peu glorieux rôle directeur dans le compartiment européen.

Pour ces dernières, la claque est rude : les deux principales, Intesa Sanpaolo et Unicredit, ont perdu près d’un quart de leur valeur depuis un mois, reperdant, et au-delà, tous les gains accumulés en Bourse depuis le début de l’année.

Ce n’est sans doute qu’un début : car après le discours d’investiture sans concession du nouveau président du conseil Giuseppe Conte devant le Parlement, la dette italienne va affirmer son rôle de baromètre numéro un du risque européen vu par les marchés mondiaux.

Or, selon les pointages de Banque d’Italie, les cales des banques nationales sont encore lestées de près de 300 milliards d’euros de dettes publiques, pour quasiment le même niveau de créances douteuses.

Très dépendantes des marchés internationaux, ces mêmes banques y ont émis pas moins de 65 milliards depuis trois ans. De quoi les fragiliser fortement : selon les analystes de la Banque centrale, une forte hausse des taux aurait des conséquences graves sur leurs ratios de liquidité.

Voilà des chiffres qu’avant de lancer son programme de laxisme budgétaire, Giuseppe Conte ferait bien de méditer.

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