La chronique de l'actualité

Deutsche Bank, le maillon faible européen

le 10/04/2018

Alexandre Garabedian

Deutsche Bank veut faire du neuf avec du vieux. Les investisseurs ont applaudi lundi la nomination d’un nouveau patron, Christian Sewing, à la tête de la première banque allemande, mais il faut surtout y voir le signe du soulagement après 15 jours de crise ouverte. Sur le fond, les problèmes restent entiers. Issu du sérail, le successeur de John Cryan risque tout d’abord d’apparaître comme un second choix. Deutsche Bank a en effet sondé publiquement plusieurs dirigeants extérieurs qui ont refusé le poste, et sa gouvernance n’en ressort pas grandie.

Surtout, dix ans après la chute de Lehman Brothers, le modèle économique du groupe est défaillant. La première banque allemande ne vaut plus que 24 milliards d’euros en Bourse, à peine plus que le français Natixis et moins du tiers de BNP Paribas. La liste de ses maux est longue. Deutsche Bank perd du terrain dans les activités de marché face aux ténors de Wall Street ; ses coûts sont trop élevés ; la rentabilité de sa banque de particuliers en Allemagne est insuffisante ; quant à sa seule pépite, la gestion d’actifs, le groupe a dû se résoudre à la mettre en Bourse le mois dernier pour engranger un peu de cash.

Alors que certains de ses grands concurrents tels qu’UBS, Credit Suisse et UniCredit, ont engagé il y a quelques années un recentrage courageux – et douloureux – de leurs activités, Deutsche Bank a pris du retard. Le groupe apparaît aujourd’hui comme le maillon faible des banques d’importance systémique en Europe. C’est un sujet à méditer pour Berlin, qui ne peut se désintéresser du sort d’une banque aussi intimement liée aux grandes entreprises allemandes.

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