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Les grands gérants d’actifs européens prennent leur autonomie financière

le 15/03/2018

Philippe Mudry

Il fut un temps encore proche où les gérants d’actifs européens n’étaient que des filiales, voire de simples divisions, de leurs maisons-mères, banques ou compagnies d’assurance. Ce temps-là s’éloigne. Désormais, le dynamisme du secteur de la gestion de l’épargne et le besoin d’une flexibilité financière maximale pour saisir toutes les occasions les conduisent à prendre une autonomie financière croissante.

Coup sur coup, plusieurs opérations majeures, propres à redessiner largement le secteur, ont été annoncées. Deutsche Bank est en passe de coter sa filiale spécialisée DWS, pour une valeur comprise en 6 et 7,2 milliards d’euros. M&G Prudential, filiale de l’assureur britannique, va être séparée de sa maison-mère pour vivre une nouvelle vie de société cotée. A tous, le français Amundi avait montré le chemin naguère.

Enfin Eurizon, filiale de gestion de la banque italienne Intesa, sans aller jusqu’à une cotation, pourrait céder entre 10 et 20% de son capital, a déclaré son directeur général.

Les raisons de ce puissant mouvement varient. Dans certains cas, il s’agit de profiter des valorisations élevées en Bourse. Dans d’autres, surtout dans le cas des assureurs, il s’agit d’assurer ses chances de croître par métier ou géographiquement, et de pouvoir allouer son capital en conséquence.

Axa, qui vient de racheter l’assureur bermudien XL, avait failli suivre la voie de Prudential en considérant un temps une vente sa filiale de gestion Axa IM à Natixis.

Dans tous les cas, en ouvrant leur capital, les poids lourds de l’asset management européens trouvent les moyens de croître. Il leur en faut, car à côté de leurs concurrents « pure players » américains, ils restent encore petits.

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