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Deutsche Bank reste l’homme malade de la banque européenne

le 03/02/2017

Philippe Mudry

La banque européenne compte ses éclopés, en Italie bien sûr mais aussi en Allemagne. Et le plus mal en point n’est pas forcément celui qu’on croit.

En Italie, la grande affaire regarde Unicredit, seule banque systémique de la péninsule.

Elle devrait franchir une étape décisive de son redressement lundi, avec une augmentation de capital de 13 milliards d’euros.

Celle-ci devrait se passer correctement au vu du cours, plutôt résistant ces dernières semaines, et de la décote de 38% consentie aux investisseurs.

En Allemagne en revanche, Deutsche Bank déçoit une fois de plus lourdement le marché.

Ses résultats trimestriels ont valu au titre une sévère correction, proche de 6%, car sa rédemption tant attendue paraît bien hypothétique.

L’ardoise de plus de 7 milliards de dollars essuyée aux Etats-Unis lui a coûté une nouvelle perte proche de 2 milliards d’euros cet automne.

Elle est bien plus lourde que ce qu’escomptaient les analystes. Sur l’ensemble de l’année, la perte atteint 1,4 milliard.

Mais là n’est pas l’essentiel. Ce qui transparaît dans ces comptes, ce qu’après des restructurations multiples, la machine à cash que fut Deutsche Bank ne s’est toujours pas remise en route.

Ses activités sur les marchés de capitaux, quoiqu’en progrès, sont loin d’afficher le rebond qu’on a vu chez les banques américaines par exemple.

Et il n’est pas jusqu’à la gestion d’actifs, vache à lait de nombre de ses concurrents, qui ne déçoive avec une perte annuelle et une érosion de ses avoirs.

A l’inverse, la direction met en avant une amélioration de sa solvabilité.

Mais devant de telles contreperformances opérationnelles, le marché doute toujours qu’une nouvelle augmentation de capital soit évitable. 

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