La chronique de l'actualité

La finance américaine à l’orée d’un nouvel âge d’or ?

le 16/01/2017

Philippe Mudry

La question aurait paru saugrenue récemment encore, quand vilipender la finance restait incontournable pour un candidat à la Maison-Blanche :

après l’élection de Donald Trump et les conséquences qui en ont résulté sur les marchés, la finance américaine est-elle à l’orée d’un nouvel âge d’or ? C’est bien possible.

Les résultats trimestriels de deux géants bancaires publiés vendredi impressionnent : JP Morgan Chase et Bank of America affichent des profits en forte hausse, de 24% pour le premier et de 46% pour le second.

La très forte activité sur les marchés après l’élection est à la base de cette performance, avec des activités de trading en pointe. La division d’affaires de JP Morgan a carrément doublé son résultat trimestriel d’une année sur l’autre.

Les chiffres de Goldman Sachs, Morgan Stanley et Citigroup cette semaine confirmeront le puissant retour en force d’un secteur dont les perspectives se sont soudain éclaircies.

La nouvelle équipe Trump parle plutôt de déréguler la finance que de renforcer ses contraintes.

Surtout la forte hausse du différentiel des taux entre le court et le long terme, capital pour la rentabilité des banques, devrait constituer un fort levier sur les résultats à venir.

Malheureusement pour elles, ces profits pourraient s’avérer encombrants aux yeux d’une opinion publique qui leur reste très hostile.

Et qui pourrait exercer une pression irrésistible sur ses élus, Président inclus, si les bouchons de champagne sautaient trop bruyamment à Wall Street à la saison des bonus.

Le sort de Wells Fargo devrait les inciter à la prudence. La banque a annoncé un cinquième recul consécutif de son bénéfice trimestriel, plombé par les suites du scandale de ses fonds fantômes.

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