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Les banques entrent dans l’ère des restructurations lourdes

le 14/12/2016

Alexandre Garabedian

La banque devait être la sidérurgie de demain, selon une célèbre formule des années 70. Avec 40 ans de retard, le secteur est en train de réaliser cette triste prédiction. Le plan que vient d’annoncer UniCredit illustre la logique de restructuration lourde qui commence à s’imposer aux établissements de crédit européens.

La banque italienne prévoit de supprimer 14.000 postes d’ici à 2019, soit 11% de son effectif. L’Italie, son marché domestique paiera un lourd tribut : UniCredit y prévoit 3.900 destructions d’emploi et la fermeture de 800 agences, plus du quart de ses points de vente. Cette purge s’inscrit dans le cadre d’un ambitieux programme qui vise à restaurer la confiance des investisseurs dans le groupe. UniCredit procédera à un nettoyage sans concession de son portefeuille de prêts, et entend augmenter l’an prochain son capital de 13 milliards d’euros.

Cette restructuration sévère rappelle d’autres annonces récentes du même genre. Au mois d’octobre, le néerlandais ING a indiqué qu’il fermerait une agence sur deux en Belgique dans les cinq ans et qu’il y supprimerait le tiers de ses emplois. Au même moment, l’espagnol Banco Popular promettait à ses salariés un régime tout aussi drastique, avec une baisse de 22% de son effectif en Espagne.

Durant ces dix dernières années marquées par la crise financière, les banques européennes ont déjà connu des réorganisations. Mais le phénomène connaît une accélération violente. La faiblesse des taux d’intérêt met sous pression les revenus des banques, et l’essor du digital impose une transformation des réseaux d’agence. Cette révolution numérique est synonyme de lourds investissements informatiques dans les années à venir. Pour les banques, le seul moyen de contenir leurs coûts est donc d’agir sur l’emploi. Un chiffre ? Le Fonds monétaire international estimait récemment qu’un tiers des agences bancaires sont menacées de disparition, et leurs salariés avec.

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