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La solution du problème bancaire italien passe en partie par Amundi

le 06/12/2016

Philippe Mudry

La résolution du problème bancaire italien, qui met la péninsule en état d’alerte suite à l’échec du référendum, pourrait faire un heureux : le gestionnaire d’actifs français Amundi.

Celui-ci a annoncé hier entrer en négociations exclusives avec la banque UniCredit pour lui racheter son gestionnaire d’actifs Pioneer.

Le prix serait compris entre 3 et 3,5 milliards d’euros.

Amundi confirmerait sa première place sur le marché européen de l’épargne qu’il dominerait de la tête et des épaules.

Avec les 225 milliards gérés par Pioneer, la filiale du Crédit Agricole approcherait 1.300 milliards d’euros sous gestion.

Ses plus proches rivaux, au premier rang desquels un autre français, Natixis, ne dépassent pas 800 milliards.

L’annonce inopinée de cette cession n’a pas empêché le cours d’UniCredit de dévisser de 3%.

Elle n’en constitue pas moins une partie importante de la solution au problème de fonds propres de la banque italienne.

Celle-ci doit la révéler le 13 décembre, et le marché s’attend à ce que sa recapitalisation ne soit pas inférieure à 13 milliards d’euros.

Elle comportera un panachage de mesures, entre apport de capitaux frais, cession d’actifs en cash à l’image de Pioneer, et dégonflement du bilan par déconsolidation d’un lourd portefeuille de créances au profit d’investisseurs extérieurs.

On parle de 50 milliards qui seraient ainsi sorti du bilan et rachetés par de grands gérants mondiaux.

La hâte d’UniCredit à boucler l’opération montre assez la difficulté de l’exercice après le « non » de dimanche.

Il sera sans doute plus ardu encore pour Monte dei Paschi di Siena, autre banque importante, en quête urgente de 5 milliards qui valent des insomnies à Rome au ministre des finances. 

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