La chronique de l'actualité

Le combat fratricide au sein du Crédit Mutuel dans une phase critique

le 20/10/2016

La cinquième banque française échappera-t-elle à une scission ?

L’enjeu financier est assez important pour que les autorités de tutelle, Banque de France et Trésor, s’inquiètent des suites d’une émancipation de trois fédérations de la banque dont celle de Bretagne, regroupées au sein du Crédit Mutuel Arkéa.

Le grouverneur de la Banque de France et la directrice du Trésor ont écrit pour la première fois au patron d’Arkéa, Jean-Pierre Denis, pour l’alerter sur trois conséquences –clés d’une scission :

  • sur la rentabilité, du fait de d’une hausse prévisible des coûts de financements,
  • sur la stabilité financière, par le biais du relèvement des exigences en fonds propres,
  • sur la politique commerciale, qui pourrait ne plus pouvoir s’appuyer sur la marque Crédit Mutuel.

Et les signataires de rappeler qu’en tout état de cause, une scission devrait, pour être effective, passer par la loi.

Ce courrier n’a pas été écrit par hasard. Il est publié alors que les assemblées générales des trois fédérations sont appelées à soutenir par leur vote le projet de scission.

Les régulateurs ne sont pas les seuls à s’en émouvoir. Les syndicats d’Arkéa viennent aussi de prendre leurs distances avec lui.

En attendant, la banque est sens dessus dessous. On ne compte plus les procédures judiciaires croisées toujours en cours entre les frères ennemis du Crédit Mutuel.

A Arkéa qui conteste son impartialité, l’organe central du groupe a répliqué en ouvrant à son encontre une procédure de sanction.

On saura ce week-end si les rebelles maintiennent leur volonté d’indépendance.

Si oui, la bataille devrait rebondir à moins que la BCE, le dernier juge de paix bancaire en Europe, ne vienne la trancher en prenant position. 

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