La chronique de l'actualité

Deutsche Bank doit regagner la confiance des marchés

le 03/10/2016

Le spectre d’une déroute bancaire systémique est revenu hanter les marchés.

Par ses déclarations, Deutsche Bank a pu l’éloigner. Mais elle doit faire beaucoup plus pour le chasser sans retour.

Cet accès de fièvre aigüe a été déclenché par deux annonces assassines, distillées à dessein : une amende potentielle de 14 milliards de dollars aux Etats-Unis et le refus de fonds d’arbitrage de traiter désormais avec la banque.

Cette dernière information, divulguée par des hedge funds eux-mêmes en position vendeuse sur le titre, a mis le feu aux poudres vendredi.

Elle a envoyé le cours à moins de 10 euros, au plus bas depuis 1983, et valu aux banques européennes une nouvelle claque boursière.

Or grâce à la régulation financière récente, Deutsche Bank dispose de fonds propres et de liquidités mobilisables sans rapport avec ce dont un Lehman Brothers disposait lors de sa chute en 2008.

Par ailleurs, l’Union bancaire européenne, quoiqu’incomplète, permet déjà à la BCE de prendre la main en cas de défaillance imminente d’une banque systémique.

Encore faut-il que la crise de confiance ne se propage pas aux grandes contreparties de la banque. En cas de large boycott par sa clientèle, rien ne pourrait la sauver.

On n’en est pas là. Ce qui importe, c’est de déjouer le piège qui lui est tendu aux Etats-Unis ;

ensuite de convaincre de la valeur de ses actifs un marché qui en doute au point de les valoriser à 26% de leur valeur affichée !

Enfin, de publier un plan de redressement vraiment crédible.

Ce qui importe encore, c’est que les acteurs publics, à Berlin, à Francfort et à Bruxelles, affichent leur sérénité quant à la solidité de Deutsche Bank.

Pour que sur les marchés, chacun reprenne enfin ses esprits.

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