La chronique de l'actualité

La BCE prône une consolidation bancaire en Europe

le 23/09/2016

Peut-on encore gagner sa vie quand on est une banque et que les taux d’intérêt sont tombés à zéro voire en dessous ?

La BCE pense que oui, à condition que le secteur bancaire, pléthorique, se consolide.

Pour son président Mario Draghi, le secteur est « surchargé » ce qui « joue un rôle dans la faiblesse actuelle de la rentabilité des banques ».

Il est paradoxal d’entendre la BCE souhaiter, même à demi-mot, une concentration bancaire.

Car les régulateurs n’ont précisément eu de cesse depuis la crise financière de  la dissuader pour éviter une concentration des risques, source d’instabilité financière.

Mais Mario Draghi n’appelle pas de ses vœux la constitution de mastodontes bancaires impossibles à contrôler, et encore plus à fermer en cas de problème.

Ce qu’il veut, c’est un assainissement du tissu des banques petites et moyennes.

Souvent peu rentables, mal gérées et sous-capitalisées, elles ne peuvent réaliser les investissements indispensables pour maîtriser leurs risques tout en prêtant et en s’adaptant à la numérisation.

Le paysage bancaire reste très fragmenté dans trop de pays de la zone euro, y compris les plus grands.

C’est le cas en Italie, où le poids des créances douteuses les fragilise particulièrement.

C’est aussi le cas en Allemagne où les banques publiques locales, voire certaines caisses d’épargne mériteraient d’être restructurées ce que Berlin ne s’est jamais résolu à faire.

Il serait temps, pense à juste titre Mario Draghi qui invite ainsi les Allemands, ses critiques les plus virulents s’agissant des effets de sa politique de taux négatifs, à balayer devant leur porte.

Mais quel pouvoir politique aura le courage de nettoyer chez lui un secteur aussi sensible que la banque ?

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