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Le malentendu entre banques et BCE s’aggrave

le 09/09/2016

« Les banques ne devraient pas accuser les bas taux d’intérêt de tous leurs maux ».

Mario Draghi n’avait jamais aussi nettement répondu aux critiques des banques touchant aux taux négatifs : depuis hier c’est fait.

A tous ceux dans le monde bancaire – mezza voce en France, à son de trompe en Allemagne – qui s’alarment de leurs effets délétères sur les comptes d’exploitation, le président de la BCE a adressé une fin de non-recevoir : « C’est une erreur de le penser ».

A l’origine, la baisse des taux à zéro arrangeait les banques au point que la BCE avait été accusée de n’avoir agi que pour elles. Leurs actifs en avaient été revalorisés et leurs coûts de financement réduits.

Mais comme les taux bas ont perduré le malentendu entre la BCE et les banques s’est aggravé. Il est aujourd’hui à son comble.

Pour les banques, la baisse des marges d’intérêt, dans une Europe encore financée par le crédit, sape de plus en plus la profitabilité au fil des mois.

Les comptes semestriels récents en portent les traces évidentes.

Pour la BCE en revanche, le problème est moins celui-là que l’absence de traitement énergique par les banques de leurs problèmes.

A commencer par les créances douteuses, qui dégradent les résultats et plombent les cours de Bourse.

Pour preuve la décote sur actif net des actions bancaires est plus élevée en Europe qu’aux Etats-Unis.

Plus largement, la banque centrale estime que c’est le modèle économique des banques qui est à revoir.

Elles qui se livrent toute la journée à la chasse aux coûts, la remarque a le don de les agacer.

Or celle-ci vise plutôt, chez certains dirigeants de la BCE, la nécessité d’une consolidation des banques en Europe qui, il est vrai, n’est pas engagée. 

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