La chronique de l'actualité

La campagne présidentielle tourne mal pour les banques américaines

le 22/07/2016

Philippe Mudry

Il s’en faut de plusieurs mois que l’élection présidentielle américaine ait livré son verdict. Mais les grandes banques nationales sont déjà quasiment assurées de l’avoir perdue.

Car les deux candidats en lice sont désormais favorables au retour à la scission entre activités de dépôts d’une part et activités d’investissement de l’autre.

Lors de leur convention de Cleveland qui vient d’investir Donald Trump, les républicains ont fait explicitement référence au fameux Glass-Steagall Act .

Celui-ci a imposé, entre 1933 et 1999, de séparer les deux activités pour éviter que la garantie de l’Etat sur les dépôts ne puisse servir à éponger des pertes sur investissements mallheureux.

Or à Philadelphie la semaine prochaine, les démocrates groupés autour d’Hillary Clinton devraient, sous l’influence de son rival Bernie Sanders, adopter un texte voisin.

Pour le lobby bancaire, c’est une défaite cuisante.

C’est le mari d’Hillary, l’ancien président Bill Clinton, qui avait mis fin au Glass-Steagall Act grâce à un consensus bipartisan.

Or la crise financière de 2008, durement ressentie aux Etats-Unis, l’a ruiné, notamment chez les républicains traditionnellement fidèles à la philosophie de la réunification bancaire.

Dans un premier temps, ce virage s’annonce lourd de conséquences pour les grandes banques universelle comme Citigroup, Bank of America, JP Morgan Chase voire même Goldman Sachs.

Cela étant, les programmes présidentiels n’engagent pas formellement le futur président.

Et les banques ne manqueront pas de lutter pied à pied au Congrès sur ce terrain.

Mais elles savent qu’au-delà, elles auront face à elles l’opinion publique qui n’a pas passé l’éponge après le choc financier de la décennie passée.

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