La chronique de l'actualité

Paris déroule un tapis rouge un peu passé pour les financiers londoniens

le 07/07/2016

Philippe Mudry

Guichet unique, baisse de l’impôt sur les sociétés, amélioration du régime fiscal des impatriés…

Manuel Valls semble sérieux quand il affirme vouloir donner à la France les moyens d’attirer des activités à haute valeur ajoutée, notamment d’entités financières londoniennes tentées par l’exil après le Brexit.

Il est aussi courageux de l’annoncer devant des financiers un jour de 49-3 sur une loi sociale.

Pourtant, ces bonnes nouvelles sont relatives. Le guichet unique est certes utile, mais son effet sera limité.

Plus prometteuse est la nouvelle touchant les impatriés, ces expatriés pendant au moins cinq ans appelés à rentrer en France, ou ces étrangers appelés à travailler dans notre pays par leur employeur.

Le régime fiscal de faveur qui leur est applicable passera de cinq ans à huit ans, et leur prime d’impatriation sera exonérée de taxe sur les salaires, qui touche surtout les métiers financiers.

Le gouvernement a compris que le renforcement de la Place passe par le retour en France d’activités expatriées par des banques françaises pour des raisons de coûts.

Comme elle est indolore fiscalement pour l’instant, on ne s’étonne pas qu’elle ait séduit Matignon.

En revanche, la baisse de l’IS annoncée laisse songeur. Sa réduction de 33 1/3 à 28% est déjà prévue par le pacte de stabilité d’ici 2020. Or François Hollande vient d’affirmer qu’elle sera limitée aux PME.

Plus sérieuse aurait été la baisse de deux impôts qui font mal à la finance : la Contribution sociale de solidarité des sociétés, dite C3S, et la taxe sur les salaires, véritable machine à expatrier des activités. Or le président l’a exclue dans les deux cas.

Il n’est pas encore temps de sabler le champagne dans la finance française.

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