La chronique de l'actualité

UniCredit au creux de la vague nomme à sa tête un vétéran français

le 01/07/2016

Philippe Mudry

UniCredit, première banque italienne, vient de prendre une décision qui ne passera pas inaperçue.

Elle a nommé à sa tête Jean-Pierre Mustier, un banquier français de 54 ans.

Naguère promis aux plus hautes destinées à la Société générale, il y vit sa brillante carrière brisée pour avoir été le patron trop lointain d’un certain… Jérôme Kerviel. 

Son rebond pourrait passer pour une forme de rédemption, après un purgatoire d’ailleurs assombri par une amende de 100.000 euros infligée par l’AMF pour un délit d'initié qu'il aurait commis en 2007. Ce qu'il a toujours nié.

Mais cette nomination, qui fait que désormais les deux grands de la finance italienne – Generali et Unicredit- seront dirigées par des Français, n’est pas un cadeau.

UniCredit est la seule banque systémique de la péninsule. Jean-Pierre Mustier la connaît bien pour avoir dirigé sa banque de gros en 2011, après son départ de la Générale.

Or UniCredit n’est pas au mieux de sa forme. Elle a perdu 63% de sa capitalisation boursière depuis le 1er janvier car jugée peu rentable et sous-capitalisée.

Ses fonds propres dépassent à peine 10% de ses actifs, soit un ratio de solvabilité médiocre au regard de ceux de ses pairs.

Après le Brexit, la banque a pris un nouveau coup de bambou violent en Bourse quand il est apparu que Rome préparait un plan de recapitalisation massif de ses banques.

Or le marché pense qu’UniCredit a besoin de 5 à 10 milliards d’euros, nécessitant de sabrer dans les coûts, d’augmenter le capital – mais comment faire dans un tel contexte politique ?- ou de céder des actifs.

Le sort de Pioneer, sa puissance filiale de gestion d’actifs, pourrait être arbitrée. Les français Amundi et Natixis pourraient être sur les rangs.

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