La chronique de l'actualité

Nouvelle tempête pour les banques européennes

le 28/06/2016

Phillipe Mudry

Les banques étant par essence des « centrales de risques », il n’est pas étonnant qu’elles soient les premières victimes du Brexit et de la remontée des craintes sur l’Europe qu’il implique.

Mais la violence du choc a de quoi inquiéter.

Les grandes britanniques sont bien sûr les plus touchées.

Malgré la perspective quasi-certaine d’une baisse des taux de la Banque d’Angleterre, leurs pertes dépassent souvent 30%, comme pour Barclays ou RBS.

Pour leurs rivales françaises, le recul atteint 20% depuis vendredi, et 22% pour le secteur européen, à son plus bas niveau depuis quatre ans.

Pour les analystes, tout le secteur européen est pour l’instant dans le même bateau.

Ce qu’ils redoutent, c’est d’abord un ralentissement de la conjoncture en Europe et une révision à la baisse des perspectives de résultats.

C’est aussi une hausse du coût du capital, c'est-à-dire de la rémunération exigée par les investisseurs pour risquer leur argent dans une banque européenne.

Les référendums et élections prévues dans les deux ans vont plomber le secteur durablement malgré un état de santé général bien meilleur qu’il y a quelques années.

Principales exceptions à ce constat, les banques italiennes dont les pertes approchent les 30%.

Le marché les juge sous-capitalisées et considère que Rome sera obligée de remettre au pot. On parle de 40 milliards d’euros supplémentaires.

La mise sur pied d’un fonds national de soutien au secteur baptisé Atlante n’a rassuré personne.

Ses deux premières opérations de recapitalisation n’ont fait que démontrer la défiance du marché à l’égard des banques nationales et laminé ses réserves.

Il y a là un risque majeur non seulement pour le Trésor italien mais pour la stabilité du secteur en Europe.

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