La chronique de l'actualité

Axa contraint au réalisme dans un environnement contrariant

le 22/06/2016

Philippe Mudry

Que faire quand on est assureur, que les taux sont très bas et le resteront et que la numérisation bouleverse son modèle économique ?

On serre la toile en s’efforçant de demeurer au plus près du client pour l’accompagner dans cette révolution. Telle est en tout cas l’essence de la réponse d’Axa.

Son prochain patron opérationnel Thomas Buberl a beau n’avoir que 43 ans, le plan du groupe jusqu’à 2020 n’est pas marqué par la fougue de la jeunesse.

Car nécessité monétaire fait loi qui impose le « réalisme ».

Pour assurer la croissance annuelle du résultat, la chasse aux coûts, via notamment des  départs non contraints pour cause de pyramide des âges favorable, ne fera que se renforcer.

Les économies prévues sont de 2,1 milliards dans les 5 ans contre 1,9 pour les 5 précédents.

Autre signe de réalisme, le refus explicite de toute acquisition d’envergure.

Le budget pour cela est d’un milliard par an, pas plus, sans doute en partie dans les émergents qui recèlent de la croissance.

Dernier point bien sûr, le numérique déjà bien engagé chez Axa. Là encore, les choses sont exprimées : les rivaux s’appellent Amazon, Apple, Facebook.

Ce qui impose une révision de l’offre produit –l’assurance-vie de papa à capital garanti a vécu-, et de la distribution dans son ensemble, à condition de ne pas perdre la maîtrise de la relation-client.

Même si des partenariats peuvent être imaginés ici ou là avec les nouveaux entrants pour satisfaire de nouveaux besoins, la bataille pour la valeur ajoutée s’annonce intense avec eux.

Aussi le réalisme prévaut-il s’agissant du résultat opérationnel : sa croissance devrait ralentir, en moyenne annuelle, entre 3% à 7% d’ici la fin de la décennie contre 7% entre 2011 et 2015.

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