La chronique de l'actualité

Barclays France, un passage de témoin éclairant

le 28/04/2016

Alexandre Garabedian

C’est un passage de témoin qui en dit long sur l’état de la banque de particuliers en Europe. Barclays a annoncé hier la vente de sa succursale française à un fonds d’investissement, AnaCap. Le géant britannique des services financiers était présent dans notre pays depuis près d’un siècle – il continuera d’ailleurs à y financer les grandes entreprises. Dans la banque de détail, Barclays France s’adresse à une clientèle aisée, qu’il sert à travers 74 agences et 1.000 collaborateurs.

En soi, ce retrait n’a rien d’étonnant. Le groupe britannique avait déjà tenté récemment de vendre cette activité, sans succès. Cela fait plusieurs années qu’il accumule les pertes en France, faute d’avoir atteint une taille suffisante pour amortir le coût de son réseau d’agences et de ses systèmes informatiques. Non, c’est plutôt l’identité de l’acquéreur qui interpelle. Il y a cinq ans encore, tous les grands établissements de crédit auraient regardé le dossier Barclays France, y voyant l’occasion de grandir et de se renforcer auprès de clients haut de gamme. Mais en plein essor du numérique, l’heure n’est plus à l’extension des réseaux d’agence en dur. Le coût de la restructuration inévitable de Barclays France a découragé les banques traditionnelles.

C’est donc un fonds, lui aussi britannique, qui va s’attaquer au chantier Barclays France. Là encore, les régulateurs n’auraient pas forcément accepté, il y a cinq ou dix ans, de laisser un établissement de crédit passer sous le contrôle d’un acteur non bancaire. Mais AnaCap n’en est pas à son coup d’essai. Il possède déjà de petites banques au Royaume-Uni, ou en Pologne. Des établissements que le fonds a soit créés de toutes pièces, soit rachetés à des acteurs historiques forcés de réduire la voilure depuis la crise financière. C’est aussi cela, la banque de demain.

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