La chronique de l'actualité

BNP Paribas serre la vis dans la banque de marchés

le 14/04/2016

Philippe Mudry

Après Société générale voici quelques jours, c’est au tour de BNP Paribas de serrer la vis dans sa banque de marchés.

Un CE extraordinaire se tient aujourd’hui à ce sujet. L’emploi en France pourrait en pâtir.

La nouvelle n’est guère surprenante, pour au moins deux raisons.

BNP Paribas avait déjà annoncé, début février, son intention d’améliorer les résultats de cette division essentielle, largement par économies de coûts.

Le chiffre de un milliard d’euros avait été avancé d’ici 2019, pour améliorer le résultat avant impôt de 1,6 milliard.

Les syndicats craignent bien entendu qu’à l’instar de la Générale, qui vient de supprimer 128 postes supplémentaires, BNP Paribas ne relève lui aussi ses objectifs de réductions de coûts et donc d’emplois, pour tenir compte du mauvais début d’année sur les marchés.

Même si l’essentiel des 28.000 postes de la banque de gros est situé à l’étranger, plusieurs milliers sont encore localisés en France.

La deuxième raison est plus générale : la contrainte réglementaire croissante continue à saper le modèle des banques de financement et d’investissement.

Credit Suisse, en supprimant 6.000 emplois cette année, tout comme Barclays, qui en sacrifié 8.000, en ont déjà tiré de radicales conclusions.

Il est probable qu’elles ne seront pas les seules. Nomura vient ainsi d’admettre qu’il fermerait certaines activités en Europe.

Quant aux banques américaines, si elles ont gagné des parts de marchés en Europe ces dernières années, elles subissent aussi les vents contraires.

Les résultats de JP. Morgan, publiés hier, en portent la trace.

Au point que les analystes ne seraient pas surpris que des charrettes soient annoncées à Londres, chez tel ou tel grand nom de Wall Street.

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