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Le marché applaudit le nouveau profil de la banque verte

le 18/02/2016

Philippe Mudry

Les caisses régionales du Crédit Agricole voulaient de longue date une détention plus franche ainsi qu’un recentrage de leur filiale cotée Crédit Agricole SA, CASA.

C’est chose faite depuis hier matin et la Bourse a applaudi. Le titre s’est adjugé près de 15%, réduisant à 12% sa perte depuis le 1er janvier.

Depuis son entrée en Bourse en 2001, CASA souffre auprès des investisseurs d’un système d’autocontrôle unique en son genre.

Elle détenait 25% du capital des caisses régionales, elles-mêmes actionnaires à 56,7% de son capital.

Cet actionnariat en boucle était jugé opaque par le marché. Et il avait le don d’agacer les dirigeants de la banque verte quand sa solidité était mise en doute en dépit de ratios réglementaires confortables.

Au terme d’une opération complexe, la boucle d’autocontrôle est dénouée.

Si la solidité financière de l’ensemble n’est pas altérée, la récupération par les caisses régionales de la propriété complète de 25% de leur capital se solde par un chèque de 18 milliards au profit de la filiale.

Celle-ci en financera d’ailleurs une partie par un prêt de 11 milliard à ses actionnaires régionaux.

Le renforcement de leur pouvoir sur leur filiale a donc un coût.

Iront-elles plus loin dans son intégration et la refonte de la gouvernance ? La question demeure encore ouverte.

Les investisseurs disposeront désormais d’un véhicule coté plus lisible.

Moins centré sur la banque de détail très majoritairement propriété des caisses, à la notable exception de LCL en France et de Cariparma en Italie, il sera plus dépendant de la banque de gros et surtout du pôle épargne autour d’Amundi.

Un profil plus proche de celui de Natixis, aujourd’hui nettement mieux valorisé en Bourse que CASA.

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