La chronique de l'actualité

Banques, une crise de volatilité appelée à se reproduire

le 11/02/2016

Philippe Mudry

Ce qui était autrefois l’exception deviebtr la norme sur les marchés : un épisode de volatilité constitué par un mini-krach suivi d’une brutale remontée vient de les secouer sans qu’un fait majeur le justifie vraiment.

Quand on reprend le fil des événements, on trouve une angoisse touchant les banques qui s’est cristallisée après la décision du Japon d’appliquer des taux négatifs, et pour cause de rechute des prix pétroliers et de signaux mitigés aux Etats-Unis.

D’où une inquiétude sur l’activité surtout en Europe.  Dès lors Deutsche Bank, banque globale la plus affaiblie, faisait une victime expiatoire désignée.

Face à une conjoncture dégradée, son plan de redressement a été jugé encore moins convaincant, ses ratios de capital encore moins adéquats et ses risques judiciaires encore plus monstrueux.

Résultat, sa capacité à rembourser ses dettes a été mise en doute. Et la crise s’est propagée à toutes les dettes bancaires puis aux actions.

Le fait que Deutsche Bank soit capitalisée correctement et n’ait pas de problème de liquidité n’a pas pesé lourd jusqu'à ce qu’elle affirme formellement n’avoir aucun problème de remboursement.

Les banques ont alors rebondi mais sans regagner tout le terrain perdu.

Tidjane Thiam, le patron de Credit Suisse, n’a pas tort de s’étonner de telles paniques, alors que les banques n’ont jamais été plus de capital et plus de liquidités pour faire face à toute éventualité.

Reste que d’autres crises sont à prévoir, surtout tant que la Réserve fédérale tiendra le marché dans l’expectative sur ses intentions.

A en juger par la prudence de sa présidente Janet Yellen hier devant les Parlementaires, aucun répit de la volatilité n’est à espérer dans le proche avenir.

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