La chronique de l'actualité

BNP Paribas entend profiter des déboires de ses concurrentes

le 08/02/2016

Philippe Mudry

Les temps sont durs pour la banque européenne. Depuis le 1er janvier, elle a perdu plus de 20% de sa valeur en bourse et plusieurs grands acteurs ont annoncé mauvais résultats et restructurations.

La morosité est si générale que les analystes doutent que l’Europe conserve une banque de financement et d’investissement de taille à rivaliser avec les géants américains.

Il est dès lors réconfortant de constater que le numéro un français BNP Paribas tire son épingle du jeu dans cette activité stratégique.

Et entend même pousser son avantage pour consolider ses positions en Europe et dans le monde.

Aux côtés de Deutsche Bank, Barclays, UBS ou Credit Suisse, BNP Paribas est déjà un poids lourd européen du financement des entreprises et sur les marchés de capitaux.

Or contrairement à ses rivales, elle a réussi en 2015 à afficher une forte croissance, en revenus et en résultat.

Quant à la rentabilité, elle atteint 18% du capital investi, un niveau très satisfaisant.

Pour les trois ans à venir, la banque a donc annoncé vouloir augmenter ses parts de marché mais pas ses risques ni ses coûts.

Elle compte donc renforcer ses activités à forte marge en direction des investisseurs institutionnels et des entreprises.

Mais comme dans la banque d’après-crise le capital est le nerf de la guerre, elle va parallèlement alléger son bilan d’une vingtaine de milliards d’actifs et tailler dans ses coûts.

Objectif visé, une hausse des revenus de près de 20% et des résultats de 50% d’ici 2019.

Cela serait  bienvenu pour financer la coûteuse mutation de la banque de détail traditionnelle.

C’est ambitieux mais le marché y croit.

En témoigne la reprise du cours vendredi à contre-tendance du reste du secteur bancaire.

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